Artiste émoi, Equinox et Singing Molenbeek. Ce sont les trois chorales extraordinaires qui ont chanté ensemble ce mercredi 20 novembre à la Maison des Cultures de Molenbeek. Pour cette rencontre exceptionnelle, une cinquantaine d’enfants issus de milieux défavorisés, pris en charge en Maison d’Enfants ou encore atteints d’autisme, se sont produit sur scène avec un objectif commun : prôner la différence; « cette drôle de danse ».
« Chanter ensemble est un moment magnifique et très émouvant. Je me réjouis de cette initiative exceptionnelle ! » s’est exclamée Marie Paule Blum, fondatrice de l’asbl Autistes et Artistes, peu avant le concert. « Rassembler, autour du chant, des enfants défavorisés et des enfants handicapés ou avec des troubles du comportement est un peu l’objectif que s’est fixé Equinox et qui se concrétisera sûrement dans un avenir plus ou moins proche. Ce concert est donc assez symbolique pour nous. », a confié Laura Wiatr de l’asbl Equinox, également contactée par Hospichild avant la représentation.
Singing Molenbeek
Ces deux chorales ont donc rejoint les enfants de l‘asbl Singing Molenbeek (« Chanter pour vivre ensemble ») sur leur territoire pour une parenthèse musicale assez émouvante avec pas moins d’une cinquantaine de petites têtes blondes, brunes, noires, autistes, défavorisées, placées… Un joyeux melting pot; véritable ode à la différence qui s’est terminée par un « Don’t worry be happy » plutôt magistral !
L’autisme en chansons
Olivier, 16 ans, est autiste. Il chante au sein de la chorale Artiste émoi depuis 2015 (chorale de l’asbl Autistes et Artistes) et s’est déjà produit sur scène une quinzaine de fois. Après avoir constaté que la musique l’apaisait et le calmait, sa maman, Marie-Paule Blum, a eu l’idée de rassembler des enfants autistes autour du chant afin de favoriser leur épanouissement. Et elle ne s’est pas arrêtée là puisqu’elle a également écrit les paroles des deux chansons phares entonnées par les enfants de la chorale : « La différence, quelle drôle de danse » et « Des mots pour toi aussi ». Des paroles positives qui évoquent l’autisme comme une richesse et qui mettent en valeur les fratries.
Artiste émoi
« La création de cette chorale fut autant un bien-fait pour les enfants (épanouissement personnel, solidarité, partage, confiance en soi…) que pour les parents qui se sentent moins seuls et qui peuvent échanger avec d’autres familles dans la même situation qu’eux. », confie la fondatrice de l’asbl Autistes et Artistes.
Au delà de se sentir mieux dans leur peau du fait d’être valorisé et mis en valeur, les jeunes artistes de l’association ont un véritable rôle d’intérêt public. Ils font passer, en tant qu’acteur de leur propre cause, des messages importants au sein de la société et permettent à la parole de se délier à propos de l’autisme et du handicap en général. Les clips réalisés pour les deux chansons précitées sont diffusés dans de nombreux contextes (dans des cours de religion ou de morale, dans des écoles spécialisées, lors de journées mondiales de l’autisme, au sein de génériques au cinéma ou à la radio…) et font donc clairement office d’outils de sensibilisation.
Outre la chorale, l’asbl Autistes et Artistes, située dans la Province de Liège, propose également d’autres activités destinées aux enfants ou adolescents atteints d’autisme : ateliers de théâtre, stages de cinéma…
(→ Pour soutenir l’asbl : shopping solidaire au magasin Why Not ? à Liège, dons libres ou lors d’événements ponctuels sur le compte BE15 0017 6235 7230 – BIC GEBABEBB…)
Equinox et ses six chorales extraordinaires
Faire chanter des enfants ou des personnes qui n’ont pas accès à un enseignement de musique de qualité; c’était la volonté de Maria João Pires, pianiste de renom. Une volonté aboutissant, en 2012, à la création del’asbl Equinoxau sein de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth à Waterloo. Une association qui rassemble aujourd’hui six chorales avec un but commun : permettre à toute personne de s’épanouir par la musique. « On le sait, la musique, et le chant en chorale en particulier, a de nombreuses vertus telles que l’ouverture à l’autre, le développement de l’estime de soi, l’épanouissement personnel… », souligne Laura Wiatr, coordinatrice d’Equinox.
Equinox
L’association se compose donc de six chorales différentes réparties aux quatre coins de la Belgique (et même au-delà). La plus importante, et celle qui a chanté lors du concert extraordinaire à Molenbeek, est la chorale bruxelloise d’Equinox. Elle est composée d’enfants venant de différentes structures d’accueil et écoles, en particulier de l’Athénée Royal Victor Horta à Saint-Gilles et de la Maison d’Enfants Reine Marie-Henriette (aussi connue sous le nom de « La Flèche ») qui accueille et aide des enfants de 0 à 14 ans issus pour la plupart de familles en grandes difficultés de toute nature et qui y sont « placés » par un Juge.
« L’idée est d’inviter les différentes voix à fréquenter un chœur où l’on travaille au moins une fois par semaine, de manière à favoriser l’acquisition d’habitudes et, peu à peu, d’une véritable identité musicale. Il ne s’agit pas seulement de ‘faire de la musique’, mais d’acquérir une pratique intime, structurante, épanouissante; de se sentir musicien. », lit-on sur le site de l’asbl. Une idée bien-sûr commune aux six chorales Equinox dont celle de Bruxelles déjà évoquée, celle de Hévillers (Service Résidentiel pour Jeunes « Les Tilleuls ») composée d’enfants présentant des troubles du comportement, celle de Louvain La Neuve (école « Les Fantastiques ») avec des adolescents atteints d’autisme, celle des enfants de SOS Village d’Enfants à Bujumbura au Burundi ou encore celle, toute récente, d’Anvers (école Sint Jan) composée d’enfants primo-arrivants.
Dans un avenir plus ou moins proche, le but d’Equinox est de créer des interactions entre ses différentes chorales. « La musique peut avoir ce pouvoir de réunir des enfants venant d’un peu partout, avec un handicap ou non. », conclut Laura Wiatr.
De la danse, du dessin, des jeux de société, une conférence, quelques stands d’associations actives dans l’inclusion des personnes en situation de handicap… C’est notamment ce à quoi ont pu participer, samedi 19 octobre 2019, les visiteurs du « Petit Salon du Soutien et du Répit » organisé par la plateforme de handy-sitting; Handyfriend. Reportage sur place.
Cours de danse inclusive donné par « Feeling Dance »
« L’idée d’organiser ce Salon est venue de cette envie qu’on avait de mettre l’inclusion en avant et de rassembler des personnes et associations actives dans le domaine du handicap. Ce qui permet aujourd’hui d’élargir le réseau, de faire en sorte que les gens se rencontrent et que tout cela aide les familles touchées par le handicap d’un proche à se renseigner sur les possibilités de soutien et de répit qui s’offrent à elles », explique Marine de Beaudignies, la fondatrice d’Handyfriend; un service de mise en relation pour toutes les personnes dont un proche (peu importe l’âge ou le handicap) se trouve en situation de dépendance et qui sont à la recherche d’un voisin de confiance à qui confier leur proche (majeur ou mineur) pour une courte/longue durée.
Parmi les autres associations de répit ou de soutien présentent lors de la journée (et qui sont actives pour les enfants ou jeunes adultes en situation de handicap) : GAMP, AP³, Dynam’Autes, LuAPE, Casa Clara, FratriHa, Feeling Dance, SAM-Le réseau des aidants…
« Nous sommes tous handicapés »
La journée commence par la conférence de Christine Coppin, une coach de vie, conférencière et auteure du livre « Nos différence, nos richesses ». Dans une salle aux murs rouge vif, des proches d’enfants handicapés et des personnes elles-mêmes porteuses de handicap sont venues écouter cette femme hors du commun qui accepte sa maladie depuis plus de 40 ans. Elle estime qu’il n’y a « aucune différence entre les personnes valides ou handicapées » et que « nous sommes tous, d’une certaine manière, handicapés »; que ce soit à cause d’une maladie, d’un accident ou parce qu’on a peur de conduire sur l’autoroute ou encore qu’on ne supporte pas la foule, aucun de nous n’échappe au manque de liberté que nous impose nos angoisses.
C. Coppin s’adresse ensuite aux parents d’enfants handicapés en insistant sur l’importance du regard porté à l’enfant. « Il faut qu’il exprime de la bienveillance; je t’accueille avec tout ça, comme tu es et je t’accepte. »
« Il est primordial de faire en sorte que l’enfant vive bien, soit heureux et accepte petit à petit son corps et le regard des autres. Pour cela, attention à ne pas entrer dans un processus médical trop lourd… »
L’autisme à l’honneur
Parmi la petite dizaine de stands, plusieurs représentaient des associations actives, notamment, au niveau politique pour faire valoir les droits des personnes handicapées. C’est le cas du GAMP, Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places pour les personnes handicapées mentales de grande dépendance. Ce mouvement de pression citoyen composé de parents et de professionnels a récemment manifesté contre des propos « inacceptables » tenus dans des vidéos diffusées par Yapaka. Plus récemment encore, le GAMP a fait entendre sa voix pour défendre l’autisme et permettre enfin aux TMS de pouvoir aussi se former au dépistage précoce… (affaire à suivre).
Dynam’Autes, toute nouvelle association née en 2018 par l’initiative de plusieurs enseignants de l’école spécialisée As Trôn’Autes, souhaite proposer des stages et des activités extra-scolaires pour les enfants autistes. Mais pour cela, des « accompagnateurs de personnes TSA en milieu extrascolaire » doivent d’abord être formés. Et ces formations sont déjà prévues pour mars 2020. (affaire à suivre également).
Malgré ces avancées non-négligeables dans le secteur de l’autisme, la maman d’Assan Dady, jeune adolescente avec autisme (type 2), n’a pas réellement trouvé de réponse à ses attentes dans ce Salon. Elle s’attendait à plus de choix, surtout dans l’extra-scolaire. « Pour l’instant, on me parle de projets (ndlr : nouvelle piscine inclusive par l’asbl AP³),mais rien n’est encore concrétisé; je suis un peu déçue. »
De l’importance de l’art comme thérapie
Malgré leur déception, Assan Daddy et sa maman ont assisté à toutes les activités de la journée. L’atelier d’art thérapie donné par Annabelle consistait à se détendre et à relâcher la pression grâce au dessin et à la musique douce. Pour la jeune femme passionnée et convaincue,
« Ce type d’art thérapie peut réellement aider les personnes handicapées à exprimer leurs émotions par un autre biais que la parole. Souvent, et surtout pendant leur période de rébellion (entre 19 et 22 ans), ça aboutit à un apaisement de la colère. »
Vint ensuite un autre « atelier » beaucoup moins calme, mais tout aussi apaisant, donné par Feeling Dance, une asbl qui favorise l’inclusion de chaque personne à travers le mouvement. Enfants, adultes, ordinaires, extra-ordinaires… Tous se sont laissés entrainer dans la danse et ont échangés, par le corps, une certaine complicité et une bonne humeur apparente.
« Un moment qui ne se raconte pas, mais qui se vit ».
Du jeu et de l’extrascolaire
De retour dans la salle principale. Tout au fond, un endroit de jeux et d’apaisement n’a pas encore été évoqué. En effet, LuAPE-SILA, ludothèque spécialisée pour enfants et adultes en situation de handicap (et service d’accompagnement et de formation depuis peu), n’est pas venue les mains vides. Des dizaines de jeux de société adaptés (pièces plus grandes, contrastes des couleurs augmentés, contacteurs…) étaient à la disposition de tous. Encore une manière de mettre les visiteurs en interactions les uns avec les autres. Une journée réussie, totalement centrée sur l’inclusion.
Kids’ Care, anciennement appelée « Les amis de l’Huderf », est la « Human Touch » de l’ Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola. Depuis 1991, l’association oeuvre bénévolement à « l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant malade » et tente de contribuer à son bien être par le biais de très nombreuses initiatives. Hospichild a rencontré, mardi 24 septembre, l’équipe (presque) au complet de l’asbl Kids’ Care, « sans qui rien de tout cela ne serait possible ».
De gauche à droite : Delphine Maertens, chargée de communication, Stefan De Keijser, trésorier, Marjorie Kiekens, responsable des projets et Philippe Goyens, Président de l’asbl
Ancienne infirmière, pédiatre à la retraite ou encore maman de trois enfants, les bénévoles de Kids’ Care s’investissent sans compter dans le fonctionnement de cette association déjà presque trentenaire. Aidés et soutenus par de nombreux partenaires et sponsors, ils tentent d’humaniser au mieux l’hospitalisation des enfants en leur apportant bien-être, confort et divertissement. Parmi les initiatives phares créées ou financées par Kids’ Care : l’animation en hôpital par les Docteurs Zinzins, la décoration des locaux (aquariums, fresques murales…), la construction d’une plaine de jeux et d’un bâtiment pour héberger une école maternelle « thérapeutique », l’accompagnement des fratries, des activités festives, un soutien financier à l’unité « ressource douleur » de l’Huderf… Et tout bientôt, l’aménagement d’un jardin sensoriel pour offrir un espace nature apaisant et ressourçant aux enfants et à leur famille.
Parlez-nous de Kid’s Care; quand et comment l’association est-elle née ?
Pilippe Goyens, Président de l’asbl : « Les amis de l’Hudef, ancien nom de Kids’ Care, a vu le jour en 1991 par l’initiative d’André Kahn, chef du service de pédiatrie de l’hôpital à l’époque et personnage très charismatique. C’est un de ceux qui a mis en place en Belgique le dépistage de la mort subite du nourrisson. Il a également voulu rendre l’hôpital plus humain et a donc créé l’asbl. Car à ce moment-là, on s’occupait de la maladie, mais pas vraiment de la qualité de vie de l’enfant ou de l’accueil de sa famille. J’étais l’un des membres fondateurs avec d’autres membres du personnel de l’hôpital et des parents d’enfants décédés de la mort subite. En 2009, André Kahn est décédé. J’ai repris sa succession en m’investissant énormément et en développant considérablement les activités de l’association aux côtés d’un seul bénévole. «
De combien de personnes se compose l’équipe à présent ?
P.G. :« Nous sommes quatre bénévoles et une personne rémunérée (ndlr : Françoise Bonte) pour la partie plus technique de la gestion de l’association (gestion des fichiers, sponsoring, fundraising…) Je suis donc le Président de Kid’s Care, Stefan De Keijser est le trésorier, Marjorie Kiekens est responsable des projets et Delphine Maertens se charge de la communication. À côté de ce noyau dur, il y a le Conseil d’administration de l’asbl composé de quelques personnes externes à l’hôpital dont, par exemple, Christian Wiener, ancien patron d’Unicef Belgique, des juristes… »
Quels sont les missions de l’asbl ?
P.G. : « Au fil du temps, ces missions se sont précisées. Elles sont au nombre de quatre : le sourire de l’enfant malade, la qualité de vie, le soutien médical et la qualité des soins. Elles sont toutes importantes, mais les deux premières sont prioritaires pour nous. Bien qu’on estime que l’enfant malade et sa famille ne seront bien accueillis que si les membres du personnel se sentent bien dans leur peau. Pour tenter d’y parvenir, ça commence par une machine à café en état de marche et ça va jusqu’au financement de formations (ex: accompagnement du deuil, communication avec les patients, prise en charge de la douleur…) La mission « qualité des soins » comprend l’achat de matériel médical; ce qu’on n’aime pas vraiment faire, car c’est plutôt le rôle de la Santé publique ou de la direction de l’hôpital. Malheureusement, l’hôpital fonctionne avec une enveloppe fermée et ne peut pas répondre positivement à toutes les demandes des médecins. Kids’ Care est donc parfois obligée de mettre la main au portefeuille pour le soutenir et contribuer à assurer les meilleurs soins aux enfants. »
Quid des autres projets soutenus par Kid’s Care ?
P.G. :« Le plus gros projet de Kids’ Care (400.000 euros d’investissement) est la rénovation du bâtiment qui abrite, depuis novembre 2018, une école maternelle thérapeutique. Il s’agit d’un centre de jour pédopsychiatrique qui dépend de l’Huderf et qui peut accueillir 15 enfants de 3 à 6 ans ayant besoin d’un soutien psychologique avant d’intégrer une école maternelle ordinaire. Ils étaient anciennement logés de façon illégale dans un bâtiment appartenant au CPAS de Bruxelles, mais situé à Jette; ce qui posait des problèmes de sécurité. L’hôpital a ensuite proposé de les mettre dans la cave du nouveau bâtiment H. Vis. Ce qui m’a scandalisé. Je me suis donc battu pour qu’on les loge ailleurs et, grâce au soutien de l’hôpital Brugmann, on a fini par trouver une solution. Il a quand même fallu rénover le bâtiment, qui est en fait l’ancienne maison du directeur de l’hôpital; ce qui a évidemment généré des coûts non négligeables. »
Et les initiatives plus régulières, quelles sont-elles ?
P.G. :« Il y a bien-sûr les Docteurs Zinzins, des clowns professionnels avec qui nous partageons notre bureau et pour qui nous finançons une grande partie des salaires. Il y a également la musique ou les contes à l’hôpital, la décoration des chambres et des espaces de vie, les aquariums (qui sont apaisants et magiques pour les enfants et leur famille), les jouets et le matériel dans les salles de jeux.. »
C’est chaque fois vous qui avez les idées de projets et qui les concrétisez ensuite ? Ou d’autres personnes peuvent proposer des choses ?
Marjorie Kiekens, responsable des projets :« Via une « fiche de projet » mise à disposition sur le site web de Kids’ Care, tout le monde (parents, corps médical…) peut proposer une idée plus ou moins concrète que nous évaluons et, quelques fois, validons et finançons via notre Conseil d’administration. La plupart des propositions sont émises par les infirmiers.ères ou les éducateurs de l’hôpital qui sont évidemment confrontés plus régulièrement aux demandes et volontés des enfants.
Le futur grand projet « Jardin sensoriel », qui a eu l’idée par exemple ?
P.G. : « Tout comme un autre grand projet récent qui est la plaine de jeux, c’est une maman qui a proposé l’idée du jardin sensoriel. Cette dernière a perdu sa fille de 10 mois ici à l’hôpital et à voulu contribuer à sa manière au bien-être des autres enfants malades.
L’idée de ce jardin est d’apporter un espace apaisant et verdoyant en extérieur pour les enfants malades et leur famille, ainsi que pour le personnel qui a aussi besoin d’air. Il sera sensoriel puisqu’il y aura de jolies fleurs odorantes, un sentier avec différents revêtements (galets, sable…), un carillon animé par le vent… Tous les sens pourront ainsi être stimulés.
Ce projet viendra se greffer au « jardin à l’hôpital » qui est le verger/potager des enfants qui fréquentent l’école Robert Dubois.
Le début des travaux (qui s’élèvent à 100.000 euros) est prévu en automne et on espère l’inaugurer l’année prochaine.
Que dire aussi sur l’Unité Ressource Douleur à laquelle vous apporter votre soutien ?
P.G. : « L’initiative a été lancée en 2015 et nous apportons ponctuellement un soutien financier pour les aider à fonctionner et à se développer. Par exemple, nous récoltons actuellement des fonds pour renforcer les groupes d’éducation thérapeutique pour les enfants et les parents, pour former le personnel soignant à l’hypnose et au « comfort talk » ou encore pour engager un kiné dans le staff de douleur chronique pédiatrique. Il faut savoir que cette unité a permis à d’autres hôpitaux de prendre conscience de l’importance de mieux prendre en charge la douleur des enfants. »
Par quels biais est-il possible d’aider Kid’s Care ?
P.G. : « De diverses manières : en faisant un don au numéro de compte BE10 0000 0000 0404 avec la communication structurée ***017/1620/00034*** , en faisant un legs (part de succession) et enfin, en démarrant une collaboration bénévole avec Kids Care.
Delphine Maertens chargée de la communication : « Récemment, nous avons aussi lancé un appel aux partenaires/sponsors afin d’être soutenu de manière plus globale et non pas juste pour un événement ou l’autre au compte goutte. L’idée est qu’ils soutiennent l’association en investissant soit 10.000 euros/an (formule platinium), soit 5.000 euros/an (formule gold), soit encore 2.500 euros/an (formule silver) afin d’obtenir la visibilité de leur organisation ou entreprise au sein de tout ou partie de la communication de Kids’ Care. »
Préférez-vous recevoir des moyens humains ou financiers ?
P.G. : « C’est une bonne question ! Je dirais plutôt les moyens financiers, car les bénévoles qui nous contactent sont immédiatement redirigés vers le département infirmier qui les prend en charge. Comme c’est sur le terrain, ça nous semblait logique de déléguer cela au directeur du service. En revanche, si des volontaires se proposent pour organiser une récolte de fonds via un événement ou en vendant des choses, ils sont absolument bienvenus. »
Autre chose à ajouter ?
P.G. : « Oui ! Je voudrais d’abord remercier les bénévoles de cette association qui font un travail formidable et sans qui rien de tout cela serait possible. Finalement, je tiens à dire que, bien qu’on s’appelait « Les amis de l’Huderf », nous sommes maintenant connus sous le nom de Kids’ Care et cela signifie qu’on se doit de prendre soin de tous les enfants malades. L’association envisage donc d’étendre ses activités à d’autres hôpitaux bruxellois.
→ Pour contacter l’équipe de Kids’ Care : lesamishuderf@huderf.be – 1/3 avenue Jean Joseph Crocq, 1020 Bruxelles – +32 (2) 477.25.71 (joignable uniquement le mardi).
→ Pour faire un don : BE10 0000 0000 0404 avec la communication structurée ***017/1620/00034* (ou ***017/1620/00539*** pour soutenir plus particulièrement le jardin sensoriel).
Fratriha, association de sensibilisation, de soutien et d’information à destination des fratries de personnes handicapées, vit actuellement un renouveau. Anciennement liée à l’asbl Inclusion, elle a décidé de prendre son indépendance et s’est tout récemment constituée en asbl. Sa présidente et fondatrice, Eleonore Cotman, dont la sœur est porteuse d’un handicap, a accepté de nous parler, d’une part, de l’association et, d’autre part, du ressenti, des attentes ou encore de la condition des fratries. Ceci impliquant leurs relations, parfois teintées d’incompréhensions, avec leur famille, les professionnels et la société.
Ce nouveau départ, après 6 ans au sein d’Inclusion, est synonyme de beaucoup de changements chez Fratriha. D’abord, le personnel va s’étoffer et ensuite, les collaborations, les initiatives et autres projets vont se multiplier. D’ailleurs, dès la rentrée, un nouveau projet pour les fratries de 6 à 10 ans va voir le jour : « Le Baluchon ».
PORTRAIT – Eléonore Cotman, présidente de l’asbl Fratriha et sœur d’une personne avec handicap
FratriHa est une activité secondaire puisque vous y êtes bénévole, qu’est-ce qui vous pousse à donner de votre temps au projet ?
C’est vrai que je travaille à temps plein à côté de mon activité à l’asbl et que gérer les deux est assez compliqué. Mais j’aime m’y investir, car c’est un projet que j’ai initié et qui me tient fort à cœur. C’est aussi très valorisant de se dire qu’on peut apporter quelque chose aux familles, ou même aux professionnels qu’on sensibilise.
Pourquoi ne pas alors vous y consacrer à 100% ?
J’y ai pensé bien sûr, mais je suis déjà confrontée au handicap dans ma vie personnelle, alors y travailler tout le temps ne serait pas tenable émotionnellement parlant. J’ai aussi peur de perdre le plaisir que j’ai actuellement à faire cela en seconde activité.
Aider les autres vous permet-il d’affronter plus sereinement votre réalité ?
Récemment, mon papa m’a dit que d’avoir créé ce projet m’avait en quelque sorte « sauvée ». Je crois en effet que ça m’a fait beaucoup de bien pour plusieurs raisons. Avant tout parce que ça m’a permis de dire des choses sur lesquelles je n’avais jamais pu mettre de mots ; car c’est assez dur d’en parler, surtout avec sa propre famille. D’où l’idée de créer des groupes de paroles pour que chacun puisse exprimer ce qu’il a sur le cœur et le partager avec d’autres fratries dans la même situation.
1. Parlez-nous du projet FratriHa ; quand et comment est-il né ?
Il y a 6 ans de cela, Elise Petit et moi-même avons eu l’idée de créer Fratriha en réponse à un constat alarmant : rien n’existait pour les frères et sœurs de personnes avec un handicap. Nous sommes toutes deux concernées et il nous paraissait donc logique de lancer un projet de ce type. Et il a très vite fonctionné ; la preuve qu’il y avait une réelle demande.
2. En quoi consiste-t-il ?
Ce projet s’articule en trois pôles :
L’information On fournit de l’information autour des fratries de personnes en situation de handicap. Cela passe par des conférences, qu’on essaie d’organiser deux fois par an sur des thèmes variés (« Le regard des autres sur le handicap », «L’après-parents »…), des participations à des colloques, des formations et, bien sûr, il est possible de s’informer directement sur notre site web.
La sensibilisation Le but est de parvenir à sensibiliser les professionnels, les parents et la société à la thématique de la fratrie.
« Car les frères et sœurs sont souvent les enfants de l’ombre alors que l’enfant avec un handicap est plutôt dans la lumière. Notre objectif est de répartir la lumière sur tous les enfants d’une même famille. »
Concrètement, nous nous déplaçons (soit Elise et moi, soit d’autres frères et sœurs actifs au sein de l’association) pour raconter notre vécu via ce qu’on appelle des « témoignages ». Nous abordons quatre thématiques rencontrées par la plupart des fratries (le regard extérieur, la culpabilité, les responsabilités et les aspects positifs) afin de donner une idée plus précise de ce que nous vivons. À travers ce rôle de sensibilisation, nous avons donc aussi la casquette de porte-parole, notamment quand il s’agit de s’adresser aux politiques.
Le soutien aux fratries Des activités « ordinaires entre fratries extraordinaires » sont régulièrement organisées. Nous nous sommes par exemple rendus à Pairi Daiza, à la mer du Nord… Il y a aussi des groupes de paroles entre frères et sœurs soit très jeunes, soit adolescents, soit adultes. Une psychologue est également disponible pour les familles lors de ces rencontres.
3. Comment se compose l’équipe de Fratriha ?
Photo : Fratriha
Depuis la création de Fratriha, nous dépendions de l’asbl Inclusion. Mais depuis le 1er juillet, nous avons pris notre indépendance et sommes à présent constitué en asbl. Ce changement important impliquera forcément un élargissement de l’équipe. Je suis la présidente de l’asbl et Elise est la vice-présidente. Un chargé de projet va bientôt être engagé à mi-temps et nous faisons régulièrement appel à une psychologue indépendante, ainsi qu’à une graphiste pour des prestations occasionnelles.
4. Qu’est-ce qu’on ressent quand on est frère/sœur d’une personne handicapée ?
D’abord, le ressenti d’un frère ou d’une sœur est différent selon la place qu’il/elle a dans la fratrie. Par exemple, Elise a deux grands frères, l’un avec un handicap et l’autre pas, et un petit frère aussi avec handicap ; elle dit que sa relation avec le plus grand a toujours été plus conflictuelle (car elle l’a un jour dépassé en autonomie) qu’avec le plus petit, avec qui elle a un rôle beaucoup plus maternel.
« Ensuite, la plupart essaie de ne pas faire trop de vagues, de ne pas causer plus de soucis à leurs parents ; ils les aide et tentent d’être utile et responsable en prenant beaucoup sur leurs épaules. Ce qui génère forcément de la pression. »
Et puis enfin, il est clair que les frères/sœurs ont tendance à minimiser leur souffrance puisqu’ils estiment qu’elle est moins légitime que celle de leur frère/sœur avec un handicap. Ils se mettent volontairement dans l’ombre et incitent presque leurs proches à faire de même avec eux.
5. Comment se concrétise l’aide aux fratries de personnes déficientes intellectuelles ?
Comme je l’ai dit, on soutient les fratries de diverses manières ; on leur propose de participer à des activités ludiques, on organise des groupes de parole et on relaie les fratries vers le réseau en cas demandes particulières.
Photo : Fratriha
Le Baluchon
Il y a également un nouveau projet qui va être lancé à la rentrée scolaire, qui s’appelle « Le Baluchon » et qui s’adresse aux très jeunes fratries (6-10 ans). Le principe ? Un petit sac en coton avec plein de chouette choses à l’intérieur : trois livres qui parlent du handicap, dont un plus personnalisé selon le type de handicap du frère ou de la sœur de l’enfant, un coloriage géant avec plein de petites scénettes évoquant des situations généralement vécues par les fratries, et enfin, un petit livret explicatif destiné aux parents. Le but de ces outils est surtout de débloquer la parole et d’éveiller les émotions chez ces enfants qui ont souvent bien du mal à trouver leur place.
6. De quoi les fratries ont-elles le plus besoin au moment où elles viennent vous voir ?
Photo : Fratriha
Justement, de parler et de partager leur vécu avec d’autres. Pour les jeunes fratries, ce sont les parents qui nous contactent, surtout pour savoir comment et quand aborder le handicap en famille. Les adolescents, eux, se posent plus la question de leurs responsabilités éventuelles, de comment ils devront faire quand leurs parents ne seront plus là pour s’occuper du frère ou de la sœur avec handicap. Ils se préoccupent aussi beaucoup du regard des autres sur le handicap de leur proche ; notamment sur les réseaux sociaux. Et enfin, les fratries adultes se demandent plutôt comment vivre leur vie de couple ou de famille en intégrant leur frère/sœur, comment s’organiser une fois que les parents sont plus là, et aussi, la place qu’ils ont en tant que fratrie au sein des institutions.
7. En parlant d’institutions, les professionnels s’intéressent-ils suffisamment aux fratries ?
C’est en progression, mais ce n’est pas encore assez généralisé. Les fratries sont souvent mises au second plan et ne reçoivent pas souvent d’explications de la part des médecins ou du personnel soignant. Pour ma part, je me souviens que les passages obligés dans les hôpitaux ont été extrêmement marquants et traumatisants. On est là, on voit tout, on entend tout et personne ne prend la peine de nous rassurer à part nos parents, qui eux-mêmes sont submergés par les émotions. Dans les institutions plus spécialisées, c’est pareil ; si ces dernières organisent quelque chose (une journée pour les familles par exemple) les parents sont toujours prévenus, mais jamais les fratries.
« Il faut que les professionnels prennent davantage conscience de l’importance de les prendre en compte. D’où l’importance de me déplacer pour tenter de les sensibiliser. »
8. Dans certains hôpitaux, des espaces sont justement consacrées aux fratries ; je pense au groupe Fratrie de l’Huderfou aux ateliers Arcadie aux Cliniques universitaires Saint-Luc.
Oui, et heureusement qu’il existe ce genre d’initiatives, mais cela reste encore anecdotique et ponctuel. Ces dernières doivent certainement se multiplier, car l’hôpital est un moment charnière dans la vie d’un frère ou d’une sœur ; c’est très dur psychologiquement et parfois traumatisant. Avoir un espace de parole à ce moment-là est donc très important et permet aussi d’accrocher les fratries pour qu’elles continuent à se livrer et à fréquenter des endroits comme celui que nous proposons.
9. Les parents, quant à eux, prennent-ils tout de suite conscience que leurs autres enfants ont eux aussi besoin d’être soutenus ?
Cela dépend très fort. Parfois, les fratries ne montrent pas forcément de signes de mal-être ou de souffrance, donc les parents ne se doutent pas du malaise qu’il peut y avoir. C’est pour cela que, par le biais de notre volet « sensibilisation aux parents », nous tentons de donner des clés pour déceler plus facilement ces signes.
« Ce qui est sûr, c’est que les parents qui viennent chez nous sont souvent très démunis et ne savent pas comment aborder le handicap avec la fratrie. »
10. Y-a-t ’il un réel manque de conscientisation de la thématique du handicap et des fratries au sein de la société ?
Clairement oui. Concernant la thématique du handicap en général, les gens disent souvent « les handicapés » au lieu de dire « les personnes handicapées » ; comme si elles n’étaient pas des personnes et qu’elles se définissaient uniquement pas leur handicap.
« Et ces insultes très courantes du style « espèce d’handic » ou « sale triso », ça me met hors de moi parce que ça stigmatise énormément. Ça implique que certaines fratries n’osent pas avouer le handicap de leur frère/sœur. »
Mais ça va quand même mieux qu’avant ; depuis qu’il y a des émissions comme Cap48 par exemple, on sent que les regards changent un peu. Fratriha tente également de sensibiliser le grand public en participant notamment aux 20km de Bruxelles ou, projet futur, en organisant une exposition de photos.
11. Êtes-vous en collaboration avec d’autres associations ?
Oui bien sûr, c’est très important de collaborer. Par exemple, avec Jeunes Aidants Proches avec qui on a plusieurs projets en commun ; on les invite à nos formations et eux à leurs colloques. On collabore aussi avec la Casa Clara ou la Villa Indigo, qui sont des maisons de répit. Toutes les associations liées à Inclusion, comme Madrass, la Fondation Portray… font évidemment partie de notre réseau proche. On se fait souvent inviter aussi dans des écoles ou des centres de jour (ex : Horizon 9, Notre Village, Le Centre Roi Baudouin…)
12. Qu’est-ce qui est prévu pour la suite ? Des événements en préparation ?
À très court terme il y a donc la prise de notre indépendance et la constitution de Fratriha en asbl, il faut engager le/la chargé.e de projet à Bruxelles et enfin nous lancerons le projet « Baluchon » dans très peu de temps. Á long terme, ce serait pas mal d’engager un.e chargé.e de projet pour la Wallonie et un.e psychologue à plein temps. On aimerait aussi organiser des stages pour les jeunes fratries, créer des événements de sensibilisation pour le grand public comme l’expo photos déjà évoquée…
→ Pour contacter Fratriha : fratriha@fratriha.com – 0472/66.00.36
Pour aider les enfants « chiffonnés » à reprendre confiance en eux, en l’école et en l’apprentissage, Perrine Bigot, orthopédagogue, se sert d’un outil inventé en Belgique en 2013 : les Octofun. Ces huit boules d’énergie, symbolisant les huit intelligences présentes en chacun de nous, permettent aux élèves en difficultés d’apprentissage de (re)trouver le goût et le plaisir de s’instruire. Focus sur cette méthode, qui n’en n’est pas une, au travers du compte-rendu de la conférence organisée par l’asbl Badje le 13 juin 2019.
Lors de cette conférence « autour des intelligences multiples », Perrine Bigot, orthopédagogue et coordinatrice de l’asbl Métamô, a su immédiatement accrocher son auditoire avec humour et intelligence. Car un public attentif, qui « active son cerveau », retiendra mieux et davantage ce qui se dit au sein d’une conférence comme celle-ci. Un public qui a été tenu en alerte tout le long grâce à des petites activités, des exercices mentaux et physiques. Tout cela pour nous pousser à utiliser nos intelligences multiples, ainsi qu’à se mettre symboliquement dans la peau d’enfants en difficultés d’apprentissage.
Octofun, quesaco ?
« Avant de dire ce que c’est, il faut déjà préciser que ce n’est pas une méthode, car on ne suit pas un procédé précis avec des étapes. On se base sur différents outils pour penser la relation avec l’autre. », explique P. Bigot en entrant dans le vif du sujet.
Inventés en 2013 par Françoise Roemers-Poumay, institutrice primaire pendant 25 ans et actuellement conseillère pédagogique et formatrice, les Octofun sont « huit boules d’énergie pour le plaisir d’apprendre ». Cet outil proposé sous différentes formes aux enseignants et aux parents confrontés à des enfants en difficultés d’apprentissage, se base sur trois ingrédients indissociables : les intelligences multiples, les bons gestes mentaux et la psychologie positive.
Stimuler ses intelligences multiples
Si les huit Octofun sont issus de l’imagination de leur créatrice, la théorie sur laquelle elle se base est reprise du psychologue américain Howard Gardner. Ce dernier est parti du principe que la notion d’intelligence entendue par tous est trop pauvre et qu’elle ne devrait pas s’associer uniquement au fait d’être bon à l’école ou d’avoir de bons résultats.
Pour lui, l’intelligence est multiple et peut se décliner en huit branches distinctes. Chacun possède toutes ces intelligences en lui-même, mais n’en développe réellement qu’une ou l’autre selon son éducation, ses expériences, ses envies, sa culture ou encore par la force des choses. Mais il est possible, tout au long de sa vie, de stimuler (ou « arroser ») ses autres intelligences pour apprendre et retenir beaucoup plus efficacement. Elles peuvent également s’utiliser conjointement et se nourrir les unes des autres.
Huit fleurs à arroser
Voici la description des huit intelligences, ou « fleurs à arroser », et les Octofun correspondant :
BODYFUN – Intelligence kinesthésique : capacité à utiliser son corps de façon précise et élaborée tout en adaptant ses mouvements à la situation.
MELOFUN – Intelligence musicale et rythmique : capacité à être sensible aux sons, à la prosodie (musicalité de la langue) ou à la musique. Aptitude également à régler le volume de sa voix selon les circonstances.
FUNEGO – Intelligence intrapersonnelle : capacité à être fier de soi, bonne connaissance de soi-même, motivation…
MULTIFUN – Intelligence interpersonnelle : capacité à agir avec les autres de façon adaptée, tolérance, empathie, entraide…
3DFUN – Intelligence vidéospaciale : capacité à se repérer dans l’espace, sens de l’orientation, sens de l’esthétisme, des couleurs et des formes…
ALPHAFUN – Intelligence verbo-linguistique : sensibilité aux mots et au langage. Facilité pour la lecture, l’écriture et le parlé.
MATHIFUN – Intelligence logicomathématique : capacité à tenir un raisonnement logique, à calculer, à respecter des horaires…
VITAFUN- Intelligence naturaliste : sensibilité à la nature et aux êtres vivants, conscience écologique, sens de l’observation…
« Il faut élargir le champ pédagogique et essayer d’utiliser ces intelligences pour ouvrir plusieurs portes et s’adapter à l’enfant. En diversifiant les approches d’apprentissage, on peut stimuler l’un ou l’autre octofun prédominant chez l’élève et lui donner la possibilité de retenir autrement que par la manière traditionnelle. », précise l’orthopédagogue.
Gérer son cerveau pour mieux l’utiliser
Le deuxième ingrédient des Octofun, c’est la gestion mentale (une théorie avancée par Antoine de La Garanderie, un pédagogue français). L’idée est d’apprendre à gérer son cerveau pour mieux l’utiliser; d’enseigner aux élèves les processus cognitifs pour acquérir le savoir et les rendre acteurs de leur apprentissage.
Un exercice simple proposé par Perinne Bigot, c’est d’écrire un mot sur une feuille, le faire retenir par l’enfant et l’envoyer de l’autre côté de la pièce pour le réécrire. Ainsi, il sera obligé de faire fonctionner son cerveau et, plus particulièrement, son néocortex. Pour que l’enfant y parvienne, il faut d’abord que ses besoins primaires (niveau reptilien) soient comblés et que ses émotions (niveau limbique) ne le submergent pas. D’où l’importance de lui permettre de s’exprimer et de trouver des techniques pour s’apaiser (par la respiration par exemple).
« On est tous des éteigneurs de flammes »
Enfin, la dernière part du « gâteau Octofun » est la psychologie positive. En expliquant d’entrée de jeu à l’enfant qu’il a huit intelligences en lui et que toutes peuvent être stimulées et améliorées, il aura directement un peu plus confiance en lui. Il faut faire en sorte qu’il soit fier de lui et qu’il regagne en estime de soi. Car, comme disait Frederick Douglass, « Il est plus facile de créer des enfants solides que de réparer des adultes brisés ».
Perrine Bigot s’empare d’un briquet, l’allume et dit : « Regarde, j’ai fait un beau dessin… Oui, mais tu as dépassé ! » Elle souffle sur la flamme qui s’éteint aussitôt. En entendant ces mots, qui peuvent parfois être bien plus violents, l’enfant se « chiffonne » petit à petit et, même en le revalorisant; en le déchiffonnant, il en gardera toujours des séquelles.
« On est tous des éteigneurs de flammes ! », conclut-elle.