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Vice Versa 2 : allégorie de l’adolescence et son lot d’émotions envahissantes

Le tant attendu Vice Versa 2 est sorti le mercredi 19 juin sur les écrans. L’équipe d’Hospichild s’est empressée d’aller le voir, accompagnée par un petit gars de 9 ans. Jeunes et moins jeunes en sont ressortis ravis. Car le sujet des émotions touche tout le monde et il faut parfois de nombreuses années pour réussir à les accepter sans en être constamment submergé. On vous recommande ce beau film d’animation signé Disney-Pixar, tout aussi réussi que le numéro 1 !

Salle Eldorado de l’UGC De Brouckère – Quand les émotions de base découvrent les nouvelles émotions liées à l’adolescence de Riley, la jeune fille de l’histoire.

Les émotions chez les enfants, voici un sujet qui anime les parents du monde entier et qui fait couler pas mal d’encre dans le milieu professionnel. Il semblerait qu’on y prête bien plus d’attention qu’auparavant et que ces fameuses humeurs sont enfin prises en considération pour assurer un bon développement à nos petits bouts. Il y a peu, Hospichild testait un jeu vidéo nommé Asfalia, spécifiquement dédié à l’appréhension des émotions. De nombreuses initiatives en ce sens se propagent de plus en plus ; preuve que le sujet interpelle et fait réagir. Vice Versa 1 & 2 sont des films d’utilité publique qui vulgarisent et diffusent les bons messages pour les enfants et leurs parents. Et c’est bien pour cette raison que le succès est mondial.

Le pitch

Riley est une petite fille gentille, posée, aimée par ses parents et ses amis. Elle est souvent joyeuse, parfois triste ou en colère. Elle peut aussi avoir peur ou être dégoûtée par moment. Mais depuis ses 13 ans, la puberté est venue chambouler pas mal de choses chez Riley. De toutes nouvelles émotions ont fait leur apparition : anxiété, envie, embarras, ennui et nostalgie. Elles sont représentées, dans le film, de manière symbolique, amusante et colorée. Anxiété, ce personnage orange, surexcité, aux cheveux déjantés, prend rapidement le contrôle et modifie quelque peu la personnalité de la jeune fille en reconfigurant son « système de croyances ». Cette nouvelle émotion dominante tente de chasser les émotions de base du quartier cérébral, persuadée d’agir au mieux pour Riley. Anxiété s’écrie : « Elle a besoin d’émotions plus complexes qu’avant. Vous n’êtes plus en mesure de répondre à ses besoins ! ». Mais les choses vont s’envenimer petit à petit, jusqu’à ce que la situation devienne incontrôlable. Joie est heureusement déterminée à remettre en place l’estime de soi de la jeune fille, sans se douter de faire également fausse route… 

Interview, à chaud, de Zaki, 9 ans

Présent lors de la projection du 19 juin (date de sortie), le petit Zaki, 9 ans, était surexcité et euphorique devant ces personnages haut en couleur. Il s’est exprimé sans filtre sur ce qu’il a compris du message véhiculé, sur ses émotions préférées, sur ses propres émotions qui le traversent au quotidien…

Les émotions : gestion ou acceptation ?

Au cours de l’histoire, on observe un basculement dans l’attitude de certaines émotions. Anxiété, qui envahit totalement le système cérébral de la jeune fille, se rend compte petit à petit de son erreur. Ce n’est pas à elle, ni à aucune autre émotion de décider de qui est Riley. Cette dernière est composée de toutes ces émotions à la fois, qui ont bien du mal à s’entendre et à vivre en harmonie. Mais si elles sont écoutées et acceptées telles qu’elles sont, les conflits internes diminueront et permettront à l’adolescente de ne plus être submergée à ce point. Et par dessus tout, le message à retenir, c’est qu’il ne sert à rien de s’angoisser de choses qu’on ne peut pas contrôler. Quoi qu’il se passe, on peut relativiser et trouver en nous le positif. Chaque facette de nos personnalités et de nos émotions fait de nous qui nous sommes ; avec nos défauts et nos qualités.

Un défi plus grand pour les enfants neuroatypiques ou atteints d’autisme

Chez certains enfants ou adolescents dits neuroatypiques ou ceux atteints d’autisme, la gestion des émotions est d’autant plus compliquée. Ils ont notamment des difficultés à comprendre leurs propres émotions ainsi que celles des autres. Ils ne parviennent pas à déchiffrer les expressions faciales ou les mimiques. Pour eux, un sourire ou des pleurs ne sont pas systématiquement associés à la joie ou à la tristesse. Ils ont aussi du mal à analyser et à comprendre le contexte émotionnel d’une situation. Cela peut entraîner des réactions inappropriées qui perturbent leurs interactions sociales. Les troubles de la communication chez les enfants autistes les amènent souvent à réagir de manière contraire aux normes sociales établies. Par exemple, ils peuvent rire lorsque quelqu’un se blesse. Pour aider l’enfant, en tant que parents ou professionnels, plusieurs moyens sont possibles : montrer à l’enfant les indices physiques et le contexte de l’émotion ; utiliser des supports visuels ; imiter les émotions devant un miroir ; favoriser les interactions avec les autres ; arriver progressivement aux émotions complexes…

↓ Une petite vidéo pour finir, sur l’autisme et les émotions :

Sofia Douieb

 

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Appel à projets de la Fondation Roi Baudouin : mieux soutenir la jeunesse fragilisée

La Fondation Roi Baudouin souhaite mieux soutenir les jeunes fragilisés en Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est pourquoi un appel à projets vient d’être lancé, à destination des secteurs de l’Aide à la jeunesse, de la Santé Mentale et du Handicap. 

Cet appel à projets entend répondre aux problématiques vécues par certains jeunes (16-23 ans) en Fédération Wallonie-Bruxelles : ruptures familiales, institutionnelles et décrochages scolaires. En effet, ces jeunes peinent à trouver de l’aide répondant à l’ensemble de leurs difficultés, passent au travers des mailles du filet ou encore passent d’une institution à l’autre.

Renforcer l’aide existante

L’idée n’est pas de créer de nouveaux services, mais bien de renforcer les services existants en développant une pratique intersectorielle efficace. Cependant, installer une collaboration active, organisée et pérenne prend du temps et demande des moyens de coordination qui sont rarement disponibles. Une aide au secteur est donc plus que bienvenue !  

Coup de pouce financier

Pour cet appel, la Fondation Roi Baudouin s’entoure de trois de ses Fonds : Fonds Julie Renson, Fonds Reine Fabiola, Fonds d’aide aux personnes atteintes de maladie mentale et leur entourage. Les organisations sélectionnées recevront un soutien financier direct, pouvant se situer dans une fourchette allant de 0 à 40 000€, afin soit d’aider à la formalisation de collaborations visant à mettre en place de nouveaux « tiers actifs », soit de renforcer les collaborations déjà mises en œuvre dans des « tiers actifs » déjà existants.

Participer à l’appel à projets

Les associations ou organisations candidates peuvent adresser leur dossier jusqu’au 17 septembre 2024.

→ Informations et conditions de l’appel à projets

→ Accéder au dossier de candidature sur le site de la Fondation Roi Baudouin

 

 

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20 km de Bruxelles : courir pour la bonne cause, quelle bonne idée !

En cette journée mondiale de la course à pieds, impossible de ne pas parler du plus grand événement sportif de Belgique : les 20 km de Bruxelles. Ce défi annuel et inclusif rassemble des coureurs de tous âges et de tous niveaux. L’objectif : courir pour soi – pour sa santé et son bien être – ou pour une bonne cause. Pour certain.e.s, c’est aussi l’occasion d’entaîner avec soi des personnes qui ne pourraient pas le faire seul. C’est le cas de l’asbl Cap’s qui, comme d’autres associations, a décidé de monter un groupe de coureurs pour mettre en avant le handisport.

Vue de la boxe 3, juste avant le départ – Photo : Samuel Walheer

 

Votre médecin vous le dira, faire du sport est bon pour la santé ! Selon ses capacités et tout en écoutant son corps, la course et la marche à pieds sont des activités qui requièrent peu de matériel, si ce n’est une tenue adéquate et un élément primordial : la motivation. Car il est vrai que parcourir 20 km, cela ne s’improvise pas et demande de l’entraînement ! Il suffit de se promener dans un parc de Bruxelles pour se rendre compte de l’engouement autour du « Running ». Car pratiquer ce sport peut se faire à tout âge et à tout moment de la journée. Le dimanche 26 mai 2024, pour sa 44e édition, l’événement a rassemblé un nombre record de participants. En effet, un peu plus de 45.000 personnes ont foulé le bitume bruxellois. Et parmi elles, 809 équipes se sont formées pour représenter fièrement une association ou une entreprise, pour relever des fonds ou pour tout simplement mettre en avant une cause.

À l’arrivée des 20 km de Bruxelles – Photo : ASBL Cap’s

Ensemble, on est plus fort !

Parmi les nombreuses associations œuvrant en faveur du handisport et présentes lors des 20 km de Bruxelles, il y avait l’asbl « Cap’s ». L’équipe d’Hospichild a rencontré Gaëlle Metens, Ornella Thys et Marine Jacmin, les trois fondatrices de l’association. Voici les motivations qui ont convaincu les trois logopèdes de formation à prendre part à cet événement sportif : « L’idée de participer aux 20 km de Bruxelles nous est venue en voyant d’autres associations y être chaque année, on s’est dit que nous aussi on pouvait le faire… Et les raisons qui nous ont poussé à nous inscrire sont multiples : inclure les enfants porteurs de handicap à un événement public, sensibiliser les coureurs au handicap ou encore donner de la visibilité à notre asbl. Les coureurs qui ont accompagnés les enfants avec un handicap durant la course nous ont par la suite exprimé tout le bonheur d’avoir pu interagir avec eux et que leur vision du handicap a totalement évoluée depuis ce jour. » L’expérience fut un réel succès aussi bien sur le plan professionnel, sportif et humain comme en témoignent les retours des participants : « Le moment le plus émouvant reste le passage de la ligne d’arrivée lorsque nous franchissons ensemble, main dans la main et avec les enfants hors de leurs poussettes, la ligne d’arrivée. Les retours des parents étaient chaleureux et ils étaient tellement fiers et heureux de voir leurs enfants participer à l’événement. » L’association prévoit de renouveler l’expérience l’année prochaine, pour une nouvelle fois offrir l’opportunité aux enfants de participer et bien entendu aussi pour mettre en avant le handisport.

Il suffit de contacter l’asbl Cap’s !

«Cap’s», une association investie !

Rassemblement des participant.e.s avant les 20 km de Bruxelles – Photo : ASBL Cap’s

Créé en septembre 2023, Cap’s, c’est d’une part une asbl qui favorise la santé, le développement, le loisir et l’inclusion des enfants et adolescents en situation de handicap (trouble neurologique acquis/développemental, syndrome génétique et/ou handicap intellectuel). D’autre part, c’est aussi un centre dédié aux thérapies et à l’accompagnement de ces mêmes jeunes. Pour Gaëlle Metens, Ornella Thys et Marine Jacmin, il était plus que nécessaire d’ouvrir la voie en développant un lieu multidisciplinaire :« Nous avons créé le centre Cap’s car il n’existait pas dans le paysage bruxellois un centre de ce genre. Il y a une réelle saturation au sein des services spécialisés et il faut dire que les soins thérapeutiques aux coûts importants sont à la charge des familles. Nous voulions donc offrir une aide à tous les parents qui ont un enfant à besoins complexes et qui peinent à trouver de l’aide dans les centres privés classiques. » Parmi les services proposés aux sein du centre, il y a par exemple une pédiatre, quatre kinésithérapeutes, six logopèdes, deux neuropsychologues, une diététicienne… afin d’offrir des consultations transdisciplinaires spécialisées au sein d’un même lieu. Concernant l’asbl, elle a été créée face au manque de lieux accessibles et inclusifs, mais aussi pour aller au-delà de l’aspect clinique en offrant des activités récréatives et adaptées. « Il y a une vie en dehors des soins et des thérapies. En organisant des stages récréatifs durant les congés scolaires avec des sorties culturelles et ludiques, nous souhaitons faire avec les enfants en situation de handicap des activités que les familles n’osent pas toujours faire car ils ne se sentent pas forcément acceptés et bien souvent jugés dans les lieux publics », nous confie les trois fondatrices du projet. C’est donc dans une démarche d’accessibilité, inclusive et transdisciplinaire que l’asbl et le centre ont logiquement ouverts leurs portes – et cela ne s’invente pas – à la Place de la Sainte-Famille 23 à 1200 Bruxelles.

Le Cinquantenaire : lieu de rassemblement de tous les coureur.euses des 20 km de Bruxelles – Photo : Samuel Walheer

Pour la petite histoire

La première édition des 20 km de Bruxelles date de 1980 lorsque le jogging prenait doucement son essor. Depuis sa création, c’est le Syndicat d’Initiative-Bruxelles Promotion (SIBP) qui est l’asbl en charge de la gestion de l’événement et qui, à l’époque, rassemblait pas moins de 4.179 coureurs.euses. Plus de quarante ans plus tard, ce chiffre à été multiplié par dix jusqu’au point où les inscriptions ont dû être clôturées. Au fil des éditions, une centaine de nationalités différentes affluent parmi les milliers de participant.e.s. De manière générale, le premier départ officiel se donne à 9h30 pour les 1.500 personnes en handisport, à 10h pour la première boxe de coureurs.euses et à 10h50 pour les premiers.ères marcheur.e.s. Concernant le parcours, ce dernier reste presque inchangé depuis plusieurs années, avec comme point de départ le mythique Cinquantenaire autour duquel se rassemblent tous les participant.e.s, les tentes des associations et celles des entreprises. Participer à cette course annuelle permet aussi de passer par certains lieux de notre belle capitale : la rue Belliard, le Palais Royal l’avenue Louise, le Bois de la Cambre, l’avenue Tervuren, le rond point Montgomery et pour terminer : le Cinquantenaire.

 

 

Samuel Walheer

 

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« Handicap.brussels » : la toute nouvelle plateforme pour aider les bruxellois en situation de handicap

Ça y est, le nouveau portail dénommé handicap.brussels a été lancé ! En ligne depuis mai 2024, le projet tire sa source d’une étroite collaboration entre le Service PHARE (COCOF) et Iriscare (VIVALIS). L’objectif du site est ni plus ni moins de simplifier la vie des personnes en situation de handicap en répondant à leurs besoins, et ce tout au long de leur vie. En fonction de la demande provenant d’une aide ou un service en particulier, la plateforme permet de centraliser l’information nécessaire et surtout de la rendre plus accessible !


Handicap.brussels a donc été créé avec et pour des personnes en situation de handicap ainsi que leurs proches. Le portail, disponible en français et en néerlandais, est également accessible en langue des signes, pour les personnes avec une déficience auditive, et en langage facile à lire et à comprendre (FALC) pour aider les personnes avec des difficultés de compréhension. En ce qui concerne l’origine des liens du site qui renvoient vers les organismes et les associations, la plupart d’entre eux proviennent de la base de données de Bruxelles Social, projet développé par l’Observatoire de la santé et du social de la COCOM (VIVALIS).

→ Découvrir handicap.brussels

Une plateforme vraiment indispensable

Rappelons tout d’abord que durant sa vie, toute personne en situation de handicap va potentiellement devoir se tourner vers un large éventail d’associations ou d’organismes pour répondre à ses besoins. Parmi eux, il y a notamment : la commune de résidence du demandeur, le Service PHARE, Vivalis, Actiris, le SPF Sécurité sociale ou encore les organismes privés comme les mutuelles et les nombreuses associations subventionnées. Mais par où commencer et comment ne pas s’y perdre ? Fort heureusement, les deux institutions que sont les COCOF et la COCOM se sont penchées sur la question – suite à une étude de 2022 réalisée à leur demande commune sur le cadastre des besoins des personnes en situation de handicap. Elles ont donc créé cet outil qui semble indéniablement combler un manque au sein du paysage bruxellois : handicap.brussels.

De l’information centralisée, accessible et évolutive

L’outil se démarque d’abord en proposant des informations et des références sur les différentes aides et services organisés par les pouvoirs publics actifs en Région Bruxelloise (excepté l’offre émanant de la Région flamande). En découvrant le site, on se rend rapidement compte de la facilité avec laquelle l’information est présentée. L’accessibilité est donc une des forces de cet outil ! De plus, l’information est classée selon 12 thématiques. Parmi celles-ci : la reconnaissance du handicap, l’école et la formation, l’accueil de jour ou encore les aides pour les proches. Finalement, « le personnel de handicap.brussels veille quotidiennement à assurer la mise à jour des contenus pour fournir l’information la plus fiable et la plus exhaustive possible. Car au niveau des institutions publiques, l’organisation de l’aide aux personnes en situation de handicap fait l’objet de constantes évolutions : les réglementations changent, des compétences sont « transférées »… Au niveau des organisations privées, le monde associatif bouge également, des associations naissent, fusionnent, déménagent, disparaissent, modifient leur champ d’action… « , peut-on lire sur le portail.

Samuel Walheer

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« Davantage de soins de santé mentale numériques », plaide le Conseil Supérieur de la Santé

Le Conseil Supérieur de la Santé a récemment publié une série de recommandations visant à intégrer les interventions numériques et applications au sein des soins de santé mentale. Dans un rapport sur le sujet, le CSS affirme que malgré des systèmes de soins de santé mentale (SSM) relativement bien développés en Belgique, l’accès aux traitements et leur utilisation restent sous-optimaux. C’est pourquoi « le recours à la technologie pourrait constituer un élément important de la solution pour contribuer à relever ces défis et renforcer notre système de SSM. » Ces nouvelles mesures visent principalement les jeunes, particulièrement touchés, ces dernières années, par la dépression, l’anxiété et les troubles du sommeil.

L’intégration d’outils numériques de bonne qualité dans les soins classiques permettrait notamment de contrecarrer la prolifération d’applications d’auto-assistance (relaxation, méditation…) et, si leur utilisation est bien encadrée par les professionnels de santé, de lutter d’une manière plus moderne contre les diverses problématiques de santé mentale.

{Communiqué de presse du Conseil Supérieur de la Santé}

« Services numériques de santé mentale 

Vous avez probablement déjà vu des publicités pour ces applications ou peut-être même les avez-vous déjà utilisées : des outils numériques qui prétendent vous aider à améliorer votre sommeil, à mieux gérer le stress ou à diminuer l’anxiété. Que ce soit sur votre smartphone ou sur le web, il existe une multitude d’applications censées favoriser votre bien-être mental. D’un côté, le Conseil Supérieur de la Santé s’inquiète de cette prolifération, mais de l’autre, il souhaite accueillir l’innovation dans le domaine des soins de santé mentale. En outre, les soins de santé mentale numériques vont bien au-delà des applications d’auto-assistance. Pensez également aux thérapies en ligne, à l’utilisation de données provenant de dispositifs portables ou aux expériences de réalité virtuelle. 

Le progrès technologique comme levier 

Selon le Conseil Supérieur de la Santé, la numérisation peut renforcer le système de soins. L’écart entre l’offre et la demande de soins de santé mentale crée des défis majeurs. Les interventions numériques et autres applications permettent à un plus grand nombre de personnes d’obtenir facilement un soutien. Par exemple en leur évitant les contraintes traditionnelles des rendez-vous physiques, elles permettent souvent également de réduire les temps de réponse. En outre, l’anonymat des plateformes en ligne peut donner aux utilisateurs la liberté de s’exprimer ouvertement et de demander de l’aide sans craindre de stigmatisation ou de jugement. La recherche a montré que, dans l’ensemble, les interventions numériques sont aussi efficaces qu’une thérapie en face à face pour des symptômes légers à modérés. C’est d’autant plus vrai lorsqu’elles sont combinées à une forme de soutien humain.

Défis de la transformation numérique

Le Conseil Supérieur de la Santé recommande donc d’adopter les avancées technologiques. Cependant, la transformation numérique est également confrontée à de nombreux défis. Les professionnels de la santé en sont un maillon essentiel. Les formations initiales et continuées peuvent les aider à se familiariser avec les outils numériques. En outre, des questions juridiques et éthiques relatives à la protection de la vie privée doivent être éclaircies de toute urgence avant que les outils numériques puissent être largement utilisés de manière sûre et efficace dans la pratique.

Digital natives ou fracture numérique

La plupart des problèmes de santé mentale se développent pendant l’adolescence et le début de l’âge adulte. De plus, les adolescents sont particulièrement sensibles à certaines barrières dans les soins de santé mentale conventionnels. C’est précisément pour cette raison que la technologie peut leur être d’autant plus utile. Cependant, de nombreuses technologies testées auprès des jeunes ont été développées en premier lieu pour les adultes. Le Conseil recommande d’impliquer activement les jeunes dans la conception et le développement des interventions numériques.

En ce qui concerne l’utilisation des applications numériques par les personnes âgées, les études divergent. Le Conseil préconise d’accorder plus d’attention à l’inclusion des soins de santé mentale numériques, tant pour les patients âgés que pour les personnes ayant un statut socio-économique inférieur ou les groupes minoritaires. Encore une fois, il faut viser l’inclusion by design et les impliquer dès le début.

Élaboration d’un cadre national et d’un plan d’action 

Ce nouveau rapport consultatif du Conseil Supérieur de la Santé se conclut par 12 recommandations concrètes issues d’une analyse approfondie de la littérature scientifique et d’une consultation d’experts. Elles portent sur l’élaboration d’un cadre national pour les soins de santé mentale numériques, avec un accent particulier sur les enfants et les adolescents. En tenant compte des connaissances scientifiques, des lignes directrices internationales et du contexte belge, les recommandations visent à promouvoir la croissance et l’application des solutions numériques et à améliorer ainsi l’accès aux soins de santé mentale. »

Lire le rapport complet du Conseil Supérieur de la Santé

 

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