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Davantage de soins psy à domicile pour réduire l’hospitalisation des enfants et ados

La réforme des soins psychologiques de première ligne continue. Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, vient de débloquer de nouveaux moyens pour financer les soins à domicile des enfants et adolescents atteints de troubles psychiatriques. Le but est d’éviter qu’ils ne passent trop de temps à l’hôpital.

Dès le mois de juillet 2023, le réseau santé mentale devrait s’étoffer considérablement. Au lieu de 107 équivalents temps plein en Belgique, il y en aura désormais 161. Le nombre de psychiatres va également augmenter pour aider les jeunes en difficulté avant et après leur hospitalisation. 

Augmenter l’aide à domicile avec des équipes mobiles

« Si un accompagnement psychologique est prévu et organisé dans le milieu de vie des jeunes, donc à domicile, cela permettra également de mieux gérer la capacité hospitalière. Il faut donc vraiment renforcer toutes les pièces du puzzle », a indiqué le ministre Frank Vandenbroucke au micro d’RTL. En favorisant les visites des équipes mobiles dans le milieu familial de l’enfant ou du jeune, il y aura en effet moins d’engorgement au niveau des hospitalisations. Car c’est un vrai fléau dans le domaine de la santé mentale et certaines familles attendent jusqu’à huit mois pour pouvoir hospitaliser leur enfant en détresse. Un souci de décrochage scolaire ou d’autres soucis peuvent alors également survenir.

Un point sur les budgets alloués aux soins psy des enfants et adolescents

Pour rappel, une grande réforme des soins psychologiques de première ligne a été lancée en septembre 2021. À ce moment-là, un investissement total de 152 millions d’euros par ansoit quatre fois le budget initial, a été alloué à la santé mentale. Un tiers de ce montant était investi spécifiquement dans les soins aux enfants, jeunes et adolescents.  

Au printemps 2022, un investissement supplémentaire a encore été lancé, d’un montant total de 51 millions d’euros pour donner encore plus de force à cette réforme. Sur ce montant, 35 millions d’euros ont été affectés aux enfants et aux adolescents (jusqu’à 23 ans).

À présent, dès le mois de juillet 2023, un budget de 4,7 millions d’euros va être spécifiquement alloué aux équipes mobiles de crise pour enfants et adolescents. Ce budget se traduit, sur le terrain, par 48,01 ETP supplémentaires (principalement des psychologues, des infirmiers psychiatriques, des orthopédagogues) et 2,63 ETP psychiatres de réseau. Par ailleurs, 15,9 millions d’euros ont également été investis dans 55 services pédopsychiatriques sur le terrain qui se sont traduits par 216,6 ETP (principalement des psychologues, des infirmiers psychiatriques, des orthopédagogues), afin de réduire les temps d’attente et d’accélérer les sorties d’hôpital.

Quelques mots sur Bru-stars

Bru-Stars est le réseau bruxellois en santé mentale pour enfants et adolescents. Ce réseau promeut la construction de modalités de collaborations fonctionnelles et pérennes entre les secteurs de la santé (mentale et somatique), de l’enseignement, du handicap, de la justice, de la grande précarité… Il offre également une meilleure visibilité aux pratiques en santé mentale et travaille à la déstigmatisation des personnes en difficultés psychiques à destination de grand public. Avec le cabinet Vandenbroucke, un plan est étudié pour renforcer les équipes de liaison dans les hôpitaux, pour les lits K, élaborer des projets pilotes relatifs à l’âge de transition, améliorer la continuité des soins, créer des projets concernant les troubles alimentaires… Une nouvelle permanence centralisée sera créée pour renforcer les compétences des petites équipes. De nouveaux projets de soins psychologiques de 1ère ligne seront implémentés pour offrir plus ou moins 1.500 séances de soins par semaine. Enfin des journées d’échanges sur les pratiques des partenaires sont prévues à l’automne 2023.

Le nouveau site web PsyBru

Sur ce nouveau site web PsyBru, il est aisé d’accéder à des listes des psychologues conventionnés (avec moteur de recherche), des projets de groupe ainsi que de l’information sur les autres missions pour les réseaux Bru-Stars (enfants et ados de 0 à 23ans) et Brumenta (pour adultes et personnes âgées).

 

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Naissances prématurées : l’OMS et Unicef tirent la sonnette d’alarme sur cette « urgence silencieuse »

Quelque 152 millions de bébés sont nés avant terme au cours de la dernière décennie, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié le mercredi 10 mai 2023. Sur dix bébés nés, un est prématuré – et toutes les 40 secondes, un de ces bébés meurt. À noter également que les impacts des conflits, du changement climatique et du Covid-19 augmentent les risques pour les femmes et les bébés partout dans le monde.

Crédit photo : Sofia Douieb

{Article Belga}

Selon ce nouveau rapport des agences des Nations Unies et de leurs partenaires, on estime à 13,4 millions le nombre de bébés nés avant terme en 2020, et à près d ‘un million le nombre de décès dus à des complications liées à la prématurité. Cela équivaut à environ un bébé sur dix né prématurément (avant 37 semaines de grossesse) dans le monde.

Prématurité : principale cause de mortalité infantile

Selon le rapport, les taux de naissances prématurées n’ont changé dans aucune région du monde au cours de la dernière décennie et 152 millions de bébés vulnérables ont vu le jour trop tôt entre 2010 et 2020.

Les naissances prématurées sont aujourd’hui la principale cause de mortalité infantile, représentant plus d’un décès d’enfant sur cinq survenant avant leur cinquième anniversaire. Les survivants de la prématurité peuvent être confrontés à des conséquences sanitaires tout au long de leur vie, avec une probabilité accrue de handicap et de retard de développement.

Risques accentués par un environnement anxiogène

Les impacts des conflits, du changement climatique et du Covid-19 augmentent les risques pour les femmes et les bébés partout dans le monde, constatent les auteurs du rapport. Trop souvent, le lieu de naissance détermine en effet la survie des bébés. Seul un bébé extrêmement prématuré (moins de 28 semaines) sur dix survit dans les pays à faible revenu, contre plus de 90% dans les pays à revenu élevé. Les inégalités criantes liées à l’origine ethnique, aux revenus et à l’accès à des soins de qualité déterminent la probabilité d’une naissance prématurée, d’un décès et d’un handicap, même dans les pays à revenu élevé.

Sonnette d’alarme sur l' »urgence silencieuse » des naissances prématurées

L’OMS, l’Unicef et leurs partenaires (dont le Partnership for Maternal, Newborn & Child Health, la plus grande alliance mondiale pour les femmes, les enfants et les adolescents) tirent dès lors la sonnette d’alarme sur « l’urgence silencieuse » des naissances prématurées, dont l’ampleur et la gravité ont longtemps été sous-estimées, et qui entrave les progrès en matière de santé et de survie de l’enfant. Selon les Nations unies, il est urgent d’agir pour améliorer la prévention des naissances prématurées, ainsi que les soins apportés aux bébés concernés et à leurs familles.

 

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Vaccination des enfants : le programme élargi à 4 souches de méningites

Le Conseil Supérieur de la Santé recommande désormais la vaccination généralisée contre les méningocoques appartenant aux sérogroupes ACWY, et non plus uniquement contre les méningocoques appartenant au seul sérogroupe C. Il s’agit donc de passer d’un vaccin monovalent, qui protège contre un seul sérogroupe C, vers un vaccin quadrivalent, protégeant contre 4 souches : A, C, W et Y.

{Communiqué de presse du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles}

À l’initiative de la Ministre de l’Enfance Bénédicte Linard, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a ainsi adopté une modification de l’Accord de coopération entre la Communauté française, la Commission communautaire commune et la Communauté germanophone en matière de commandes de vaccins, afin d’élargir la vaccination contre la méningite à 4 souches différentes et non plus uniquement celles du groupe C.

Évolution du programme de vaccination

Le programme de vaccination, mis en œuvre par l’ONE, va évoluer conformément à cette recommandation. L’ONE est chargé d’assurer l’achat et la distribution des vaccins à travers la passation de marchés publics. La vaccination contre les méningites à méningocoques C est actuellement recommandée à 15 mois et le vaccin est disponible gratuitement via le programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Priorité de santé publique

Notons que les infections invasives à méningocoques C sont rares en Belgique, avec moins de 1 cas pour 100.000 habitants. Néanmoins, les taux élevés de mortalité (5-10%) et de séquelles à long terme (10-20% de séquelles) en font une priorité de santé publique. La couverture pour la vaccination contre la méningite C en 2019 en Wallonie est de 90.62% et
de 92.2 % à Bruxelles.

Une vaccination parmi douze autres maladies

À l’heure actuelle, le programme de vaccination de la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit la vaccination des enfants et des adolescents âgés de 2 mois à 18 ans contre douze maladies qui sont la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la rougeole, la rubéole, les oreillons, l’hépatite B, ainsi que les maladies provoquées par l’Haemophilus influenzae de type b, le méningocoque du groupe C, le pneumocoque et le papillomavirus.

Gratuit et accessible à tous

Ces vaccinations sont donc gratuites et accessibles dans le cadre de ce programme de vaccination, notamment dans les consultations ONE, dans les services de Promotion de la Santé à l’Ecole et chez les médecins généralistes.

 

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Les enfants trop exposés aux écrans, avertit une enquête française

Le temps passé par les enfants devant les écrans a été mesuré en France. Sans trop de surprise, il a augmenté et dépasse les recommandations des spécialistes. Cette étude s’est déroulée sur deux années et a été menée auprès de 17.101 familles. Elle montre des disparités selon l’origine géographique des familles, leur histoire, le niveau d’étude de la mère ou le sexe de l’enfant.

Les enfants et les écrans, quelques chiffres

À deux ans, c’est environ 56 minutes que l’enfant passe derrière un écran, pour atteindre 1h20 chez un enfant de trois ans et demi et enfin, 1h34 chez l’enfant de cinq ans et demi. On observe aussi que les temps d’écran sont plus élevés dans les familles ayant des origines immigrées ou un niveau d’études faible de la maman. Si aucune différence entre garçon et filles n’est observée à deux ans, les garçons utilisent ensuite les écrans 10 minutes de plus que les filles à 5 ans et demi. Cette étude permet ainsi de mieux cibler les familles et les contextes où le temps passé devant les écrans excède les recommandations.

De l’enfant à l’adolescent

L’enfant s’habitue assez tôt à la consultation des écrans et son utilisation ne va faire que croître avec son âge. À tel point que chez les adolescents, ce sont parfois de nombreuses heures passées quotidiennement devant différent types d’écrans, avec des conséquences sur la concentration, l’alimentation, la sociabilisation etc. Des études font notamment état d’un risque accru de surpoids et d’obésité, de difficultés dans le développement du langage et du développement cognitif associées à l’usage des écrans.

Recommandations, oui mais…

Le Haut Conseil de santé publique français et l’Académie nationale française des médecins recommandent de ne pas exposer les enfants de moins de trois ans aux écrans si certaines conditions ne sont pas réunies, comme la présence d’un adulte, ou une forme d’interactivité.

En France, comme chez nous, des recommandations concernant les temps d’exposition aux écrans pour les enfants existent. Cependant, il n’est pas toujours facile de les respecter pour les parents, pressés par les contingences journalières. C’est assez tentant de placer son enfant devant un écran, le temps de répondre au téléphone ou pour éviter des pleurs dans la voiture par exemple. Conjuguer le travail, les déplacements, les courses, le ménage, les enfants… Comment trouver le temps de tout faire ? Comment passer du temps de qualité avec les enfants, faire une petite promenade ou jouer à un jeu de société avec ses enfants, lorsque chaque minute est comptée dans un timing trop serré ? La simple culpabilisation ne menant pas à une amélioration des habitudes, il s’agit de sensibiliser les familles en apportant aussi des conseils, des pistes de solution ou des encouragements.

Les combats menés par les grands acteurs comme la Ligue des Familles pour aider les parents à concilier vie professionnelle et familiale ont ici aussi toute leur importance.

 

→ Lire le résumé du rapport « Temps d’écran de 2 à 5 ans et demi chez les enfants de la cohorte nationale Elfe »

 

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Pédopsychiatrie : l’Hôpital des Enfants veut renforcer les dépistages et les prises en charge précoces

Plusieurs nouvelles plages de consultations de pédopsychiatrie, neuropédiatrie ou douleur viennent de s’ouvrir à l’Hôpital des Enfants (Huderf), afin d’accroître l’offre de soins proposée aux enfants et aux adolescents.

L’objectif ? Aider davantage de patients qui n’ont pas forcément accès financièrement ou géographiquement à des soins psychologiques, mais aussi contribuer à accélérer la détection précoce des troubles pour un diagnostic plus rapide. Enfin, la démarche permettra aussi d’apporter une aide à l’adaptation sociale, de proposer des guidances adaptées et un soutien pour les éventuels troubles associés.

{Communiqué de presse de l’Huderf}

Des séances remboursées et particulièrement accessibles

Tout un chacun peut à un moment de la vie rencontrer une fragilité psychologique. Et chaque situation nécessitera alors des soins particuliers. Ces séances remboursées et particulièrement accessibles s’adressent aux enfants et aux adolescents et leurs familles, présentant une vulnérabilité en termes de bien-être psychologique, ou à ceux souffrant de problèmes psychologiques plus graves.

Consultations intra ou extra hospitalières

Dispensées par des professionnels de l’HUDERF, ces consultations de première ligne peuvent avoir lieu à l’hôpital ou en dehors dans le réseau (écoles des devoirs, PMS, consultations ONE, centre médical etc.). Avec votre accord, le psychologue de première ligne peut aussi organiser et coordonner les soins avec d’autres professionnels de la santé si besoin.

Leurs domaines d’action ? La périnatalité, la prise en charge de la douleur, les troubles du spectre autistique, les troubles de conduite alimentaire, les troubles neuro-développementaux, les troubles des apprentissages, les troubles à symptomatologie somatique, la phobie scolaire ou encore les signes de dépression et de mise en danger. Leur objectif est d’intervenir précocement pour aider les enfants, les adolescents et les parents qui seront réorientés vers une aide spécialisée en cas de besoin.

Le choix d’un réseau enfants, adolescents ou adulte à l’âge de transition au sein de l’H.U.B

Les enfants et jeunes peuvent se référer vers nos psychologues du réseau « enfants et adolescents » jusqu’à vos 23 ans inclus ou faire appel au réseau adulte de l’Hôpital Erasme à partir de vos 15 ans : choisir leur réseau de soins selon leurs propres besoins à un âge de transition clé dans l’émergence de troubles, c’est aussi important !

En pratique, comment avoir accès à ces séances de pédopsychiatrie à l’Huderf ?

Si vous constater que votre enfant ou votre adolescent a besoin d’un suivi psychologique pour l’une ou l’autre raison, voici en pratique ce qu’il faut savoir :

  • Organisées dans le cadre d’une convention INAMI, ces consultations de première ligne donnent droit à des séances individuelles ou en groupe.
  • Vous n’avez pas besoin de prescription médicale : les soins psychologiques de première lignevous sont accessibles directement.
  • Vous devez être en ordre de mutuelle afin de bénéficier de cette offre
  • L’INAMI prend en charge la majeure partie du prix de la séance, directement via le système du tiers payant. Lors de votre séance, vous ne payez à votre psychologue que la partie à votre charge :
  • Pour une séance individuelle : la première séance individuelle est gratuite, ensuite 11 euros, ou 4 euros si vous avez droit à l’intervention majorée.
  • Pour une séance de groupe : 2,5 euros.
  • Le nombre de séances remboursées sur une période de 12 mois dépend du type de soins que vous recevez dans notre réseau et du type de séances : entre 10 et 20 séances individuelles ou entre 8 et 15 séances de groupe.

 

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