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Campagne de sensibilisation aux soins palliatifs : 10 contes pour se souvenir que “Le temps nous est conté”

« Les soins palliatifs améliorent la qualité de vie du patient et de ses proches, et ce d’autant plus qu’ils sont envisagés tôt », c’est le message que veulent faire passer les trois fédérations de soins palliatifs du pays (Fédération Bruxelloise de Soins Palliatifs, Fédération Wallonne de Soins Palliatifs, Federatie Palliative Zorg Vlaanderen) en relançant leur campagne nationale de communication sur ce sujet encore tabou au sein du grand public. Cette année, une toute nouvelle initiative : la diffusion de 10 contes en podcasts. 

Soins palliatifs
Un des slogans utilisé lors de la campagne « Bien plus que des soins »

 

Cette campagne intitulée « Bien plus que des soins » a pour principal objectif de « montrer une image plus positive des soins palliatifs et de contribuer ainsi à réduire les traitements futiles et cost-ineffectives en fin de vie, à la fois pour le patient (inefficacité + réduction de la qualité de vie), et pour la société (dépenses inappropriées). » Pour faire passer ce message au plus grand nombre, divers canaux de communication vont être mobilisés : affiches, brochures, site web, spots radio, clips-vidéos sur les réseaux sociaux (dont une vidéo dédiée aux soins palliatifs pédiatriques)…

Informer pour démystifier

La mise en place d’une telle campagne en Belgique est essentielle pour démystifier les soins palliatifs en faisant comprendre au grand public (tout le monde pourrait un jour y être confrontés) que les SP ne doivent pas être confinés uniquement à la toute fin de vie et qu’ils sont plutôt centrés sur la qualité de vie des patients et de leur entourage. C’est d’ailleurs pour cette raison que les slogans qui figurent par écrit sur les affiches ou oralement au sein des spots radio ou vidéo évoquent la vie et « ses petits plaisirs » plutôt que la mort.

Bien plus que des soins

Le site internet créé à l’occasion de cette campagne (bienplusquedessoins.be), propose une série d’informations, de vidéos, d’adresses ressources… On peut notamment y lire :

Les soins palliatifs, c’est prendre soin de la qualité de vie des personnes gravement malades et de leur entourage, afin de leur permettre de profiter de la vie jusqu’au bout, dans les meilleures conditions possibles, malgré la maladie. C’est à la fois un accompagnement personnalisé, qui respecte les besoins de chaque patient, et une approche pluridisciplinaire qui vise un bien-être tant physique que psychologique, social et spirituel. »

Un droit pour tous, peu importe l’âge

Parmi les informations reprises sur cette même plateforme, plusieurs définitions des SP sont évoquées telles que : « C’est prendre soin de la personne, et pas uniquement de la maladie », « C’est un soutien pour tout l’entourage, « C’est encore plus bénéfique quand ils commencent tôt »… Et, dans la thématique de l’enfant malade qui concerne plus particulièrement Hospichild, « C’est un droit pour tous, peu importe l’âge, la maladie, l’espérance de vie ». Au sein de ce point précis, il est notamment dit : « Il existe des programmes de soins palliatifs pédiatriques destinés à la prise en charge d’enfants gravement malades. Ils visent à améliorer la qualité de vie des enfants et à soutenir leurs parents durant tout le temps des soins et lors du deuil. »

“Le temps nous est conté” : 10 contes le 10 octobre

Cette année, la Journée mondiale des soins palliatifs, le samedi 10 octobre 2026, sera marquée par la diffusion de 10 contes en podcasts, tirés d’un recueil qui rassemble au total 40 récits signés par autant d’auteurs et autrices ayant choisi « de faire du temps le héros de leur histoire ». L’objectif est de rappeler qu’en soins palliatifs, chaque instant compte : « un regard, une parole, un silence partagé ».

→ À écouter dès le 10 octobre sur www.bienplusquedessoins.be

 

Sofia Douieb

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Tous ensemble pour « Vaincre la méningite d’ici 2030 »

Chaque année, la Journée mondiale de lutte contre la méningite, organisée le 5 octobre, vise à sensibiliser le public aux dangers de cette maladie et aux moyens de s’en protéger. En Belgique, cet événement permet de rappeler aux familles l’importance de la prévention et du dépistage précoce.

La méningite est une maladie redoutable, en particulier chez les enfants. La prévention par la vaccination et une vigilance accrue face aux premiers symptômes sont essentielles pour éviter des drames. La Journée mondiale de lutte contre la méningite et l’initiative de l’Organisation mondiale de la Santé « Vaincre la méningite d’ici 2030 » nous rappellent l’urgence d’agir pour protéger nos enfants et, à terme, éliminer cette menace. Cette initiative de l’OMS, lancée depuis déjà plusieurs années, vise à réduire de 50 % les cas de méningite bactérienne et à diminuer drastiquement les décès et les séquelles liées à cette maladie. 

Une menace pour les plus jeunes

La méningite est une infection grave qui touche particulièrement les enfants. Cette maladie inflammatoire des méninges, les membranes entourant le cerveau et la moelle épinière, peut être d’origine virale ou bactérienne. La méningite bactérienne, plus rare mais plus sévère, peut entraîner des complications irréversibles comme la surdité, des troubles neurologiques ou, dans les cas les plus graves, un décès en seulement 24 heures. Les jeunes enfants, notamment ceux de moins de cinq ans, sont parmi les plus vulnérables à cette maladie. Leur système immunitaire encore immature les expose davantage aux infections graves. Les nourrissons peuvent présenter des symptômes atypiques, comme une irritabilité extrême, une perte d’appétit ou une fontanelle bombée, rendant le diagnostic parfois difficile.

La situation en Belgique

Chaque année en Belgique, plusieurs dizaines d’enfants sont touchés par la méningite. Bien que les épidémies de grande ampleur soient rares, les infections causées par Neisseria meningitidis (méningocoque), Streptococcus pneumoniae (pneumocoque) et Haemophilus influenzae restent une préoccupation majeure. Les collectivités comme les crèches et les écoles favorisent la transmission de la maladie, augmentant ainsi le risque d’infections parmi les plus jeunes.

Symptômes et urgence médicale

Les premiers symptômes de la méningite peuvent ressembler à une grippe : fièvre élevée, fatigue, maux de tête et vomissements. Cependant, des signes plus spécifiques doivent alerter les parents :

  • Une raideur de la nuque,
  • Une forte sensibilité à la lumière,
  • Des convulsions,
  • Un teint pâle ou marbré,
  • Une somnolence excessive, voire une perte de conscience.

Chez les nourrissons, ces signes peuvent être plus discrets, d’où l’importance de consulter rapidement un médecin en cas de doute.

La vaccination : une protection essentielle

La vaccination est la meilleure prévention contre la méningite bactérienne. Malgré l’efficacité de ces vaccins, la couverture vaccinale reste parfois insuffisante. Il est ainsi crucial d’informer les parents. En Belgique, plusieurs vaccins sont recommandés dès le plus jeune âge :

  • Le vaccin contre le méningocoque C, administré aux nourrissons,
  • Le vaccin contre le pneumocoque, inclus dans le programme vaccinal,
  • Le vaccin contre Haemophilus influenzae type B (Hib), intégré aux premières injections,
  • Le vaccin contre les méningocoques A, C, W et Y, recommandé chez les adolescents.

 

Sofia Douieb

 

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Santé mentale des jeunes : Vivalis (re)lance sa campagne de sensibilisation

C’est parti pour la Semaine de la Santé Mentale à Bruxelles. Pour l’occasion, Vivalis (re)lance sa campagne « Pour ton mental, mets-toi en mode amis » : une incitation, pour les jeunes, à ne pas rester seul.e.s quand ça va mal. Car « créer des liens, c’est la base pour aller bien ». 

 

Pour rappel, du 5 au 11 octobre à Bruxelles, de nombreuses activités sont organisées autour de la santé mentale : Semaine de la Santé Mentale : un appel à participer et à s’engager ! En outre, Hospichild constitue en ce moment un nouveau dossier sur la santé mentale des enfants et des jeunes avec des textes sur de graves problématiques telles que les troubles anxieux, les addictions, la phobie scolaire, l’inceste, le suicide des jeunes… L’idée derrière ce nouveau contenu – tout comme Vivalis avec sa campagne – est de prévenir d’éventuels drames et de donner les outils nécessaires aux parents pour faire face aux difficultés rencontrées.

{Communiqué de presse de Vivalis}

La santé mentale des jeunes : un enjeu crucial de santé publique

La santé mentale des jeunes est un enjeu important de santé publique. De nombreuses études mettent en évidence une hausse inquiétante des troubles de santé mentale dans cette partie de la population. A titre d’exemple, une étude Health Behaviour in School-aged children (HBSC) menée en Wallonie et à Bruxelles, révèle que le sentiment de solitude touche de 18 à 38% des jeunes de 4e, 5e et 6e secondaires. A Bruxelles, ils sont 24% à exprimer cet avis. 

L’adolescence est un période charnière où les difficultés vécues par les jeunes doivent être prises en charge avant qu’elles n’évoluent vers quelque chose de plus grave. La prévention occupe donc une place essentielle.

Créer des liens, la base pour aller bien

À l’adolescence, le sentiment d’appartenance à un groupe a une influence positive sur la construction de l’identité. ​Créer des liens c’est développer et nourrir des relations qui font du bien. Les jeunes ont besoin d’être ensemble pour réfléchir ensemble. Privés du groupe, ils se retrouvent dans l’incapacité de « mentaliser » ce qu’ils vivent : crise covid, éco-anxiété, avenir, etc.

Vivalis lance une campagne de sensibilisation qui se déroulera du 5 au 11 octobre 2026. Son objectif est d’inciter les jeunes à sortir de chez eux et à cultiver le liens en leur proposant, dans un premier temps, un moteur de recherche d’activités, d’échanges, etc. et, dans un second temps, une page de ressources pour ceux qui ressentent le besoin de parler.​

À propos de la campagne 

La campagne se décline à la fois sur les réseaux sociaux et via des panneaux d’affichage. Elle comprend également des capsules vidéo qui ont pour but de les inciter à sortir de chez eux afin de créer du lien. Des spots audio en format Slam seront diffusés sur les comptes gratuits de Spotify.

À Bruxelles, Vivalis soutient des initiatives telles que la Plateforme de la santé mentale qui est en contact direct avec les jeunes et Bru-Stars, le Réseau Bruxellois en Santé Mentale pour les Enfants et Adolescents 

→ Les lieux d’aide et de soins en santé mentale pour ados à Bruxelles  

 

Partagé par Sofia Douieb

 

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Prévenir le suicide des adolescent.e.s, un enjeu majeur de santé mentale 

Le 10 septembre, c’est la journée mondiale de la prévention du suicide. Les chiffres chez les jeunes — que ce soit en Communauté française, mais aussi en France et dans de nombreux pays — sont alarmants. Pour les parents, les proches et les professionnel.le.s du domaine de la santé et de l’enseignement mais aussi de la sphère politique, il s’agit d’un enjeu majeur. 

Le Centre de Prévention du Suicide, l’organisation de référence en Belgique francophone en matière de prévention du suicide, collabore depuis peu avec Infrabel, le gestionnaire ferroviaire belge. D’une part, pour mieux orienter les personnes en souffrance et pour mettre en avant les ressources spécialisées du Centre, dont sa ligne d’écoute 24h/24 et 7j/7, gratuite et anonyme : 0800 32 123.

Des chiffres préoccupants  

Si l’on en croit les chiffres les plus récents (2019) concernant le suicide des jeunes en Belgique, le constat est alarmant. En Communauté française, le suicide des jeunes hommes entre 15 et 24 ans est même la deuxième cause de mortalité derrière les accidents de la route, soit 20% des décès. L’idéation suicidaire, concernerait, quant à elle, 20 % à 30% des jeunes,

En Communauté française toujours, pour les jeunes filles du même âge, le suicide représente la troisième cause de mortalité, soit 12%.

Selon le Centre de Prévention du Suicide, les jeunes filles âgées de 14 à 16 ans sont cinq fois plus nombreuses que les garçons du même âge à être hospitalisées en raison d’une tentative de suicide. Cependant, chez les garçons, ces tentatives aboutissent beaucoup plus souvent que chez les filles.

Identifier une détresse profonde et ses différents signaux : comportements à risque, automutilation, somatisation, absentéisme et chute des résultats scolaires, anxiété profonde, isolement, rumination,… est donc primordial pour les parents comme pour les membres de l’environnement scolaire et social des jeunes à risques.

Le jeune « à risque », un profil difficile à définir 

Comme le soulignait Partenamut dans un article paru en 2022, « Suicide des jeunes: comment éviter le pire ?« , le profil des jeunes « à risque » est difficile à établir, ce qui rend la prévention du suicide très complexe. Certaines maladies mentales comme la dépression constituent des facteurs de risque, mais le suicide peut concerner n’importe qui. Même un jeune en apparence très heureux peut cacher un profond mal-être.

Le harcèlement scolaire, à l’école, sur les réseaux sociaux, a poussé plusieurs jeunes adolescent.e.s à mettre fin à leurs jour au cours de ces dernières années. La lutte contre le cyberharcèlement fait d’ailleurs actuellement l’objet de réformes législatives majeures, de plans d’actions supranationaux et de mesures de signalement renforcées. À ce sujet, le Conseil supérieur de l’éducation aux médias propose un outil de prévention : « Comment prévenir le cyberharcèlement par l’éducation aux médias ? « , disponible en téléchargement ou en commande.

Une situation d’abus sexuel vécue par un jeune ou encore une rupture précoce du lien mère-enfant sont aussi relevées comme des causes majeures de comportements à risques chez les jeunes.

Est-ce que les adolescent.e.s en souffrance sont suffisamment pris.e.s en charge, orienté.e.s vers des professionnel.le.s de la santé mentale ? Est-ce que les services sont accessibles rapidement et répondent-ils à la demande croissante de détresse chez les jeunes ? Est-ce que le monde scolaire est suffisamment outillé, informé et doté de moyens d’alerter rapidement un.e professionnel.le de santé mentale en cas de suspicion ? »  

Comment prévenir le suicide ?

Des constats nous amènent à savoir si la prévention aurait pu éviter certains suicides. C’est justement dans l’optique d’informer et sensibiliser les proches comme les professionnel.le.s que les Cliniques Universitaires Saint-Luc et le Centre de Prévention du Suicide organisent un événement ce 10 septembre : « Prévention du suicide : parlons-en pour mieux agir » : stand d’information, d’échange et de sensibilisation, conférence pour les professionnel.le.s de la santé. 

Quelques ressources externes utiles :

La détresse des parents face à la souffrance de leurs adolescent.e.s 

L’équipe d’Hospichild reçoit quotidiennement des questions de parents et de professionnel.le.s. Parmi les sujets, la santé mentale des jeunes et il est vrai que certaines questions ressemblent davantage à des appels à l’aide en urgence. Les services sont saturés nous disent les parents, nous avons peine à trouver un.e pédopsychiatre disponible rapidement, aucune place n’est disponible pour prendre en charge ma fille, anorexique, mon enfant ne veut plus aller à l’école, quelles sont les alternatives ? …

Dans cette optique, nous voulons renforcer l’information en santé mentale et nous préparons un nouveau volet « santé mentale de l’enfant et de l’adolescent », qui sera disponible prochainement.

Emmanuelle Vanbesien 

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Prématurité extrême : plus d’une mère sur trois présente d’importants symptômes de stress post-traumatique

Une vaste étude néerlandaise publiée dans la revue scientifique Pediatrics révèle que de nombreux parents – les mères surtout – de grands prématurés présentent des symptômes de stress post-traumatique suffisamment importants pour être considérés comme cliniquement préoccupants. Les chercheurs plaident pour que le soutien psychologique des parents devienne une composante à part entière des soins en néonatologie.

Une naissance avant 29 semaines de grossesse implique une prise en charge particulièrement lourde du nouveau-né. Soins intensifs, monitoring permanent, examens, interventions invasives ou parfois opérations : à l’inquiétude concernant la survie et l’état de santé du bébé s’ajoute, pour les parents, un profond sentiment d’impuissance. Interrogée par le média néerlandais NOS, Lotte Haverman, professeure et chercheuse à l’Emma Kinderziekenhuis et à l’Amsterdam UMC, décrit cette expérience :

Les parents ressentent alors souvent une énorme impuissance.Ils doivent assister à des interventions parfois très lourdes sur leur nouveau-né, ce qui constitue une expérience particulièrement bouleversante. »

Plus de 200 familles suivies

L’étude s’inscrit dans le projet national néerlandais HIPPO (Happiness for the Improvement of Premature and Parental Outcome), auquel ont participé toutes les unités néerlandaises de soins intensifs néonatals. Les chercheurs ont suivi 446 bébés nés avant 29 semaines de grossesse. Les parents de 217 familles ont complété des questionnaires consacrés à leur santé mentale à plusieurs moments : peu après la naissance, un mois plus tard et autour de la date initialement prévue de l’accouchement. Les chercheurs ont notamment évalué les symptômes de stress post-traumatique et de dépression, ainsi que différents éléments pouvant augmenter ou diminuer le risque de difficultés psychologiques : antécédents psychosociaux, stress vécu pendant la grossesse ou l’hospitalisation, situation familiale ou encore soutien social.

Des symptômes qui peuvent persister

Les résultats montrent que les difficultés psychologiques ne se limitent pas aux premiers jours après l’accouchement. Les symptômes de stress post-traumatique atteignent leur niveau le plus élevé autour de la date à laquelle le bébé aurait normalement dû naître. Ils concernent alors 35,1 % des mères et 16,4 % des pères.

  • Les symptômes dépressifs évoluent différemment. Chez les mères, ils culminent dans les premières semaines après l’accouchement, avec 39,5 % de symptômes cliniquement élevés. Chez les pères, le pic survient plus tard, autour du terme prévu, et concerne 24,3 % d’entre eux.
  • Les symptômes observés peuvent prendre différentes formes : reviviscences, anxiété persistante, évitement, sentiments négatifs ou état de tension accru.

« Il suffit que je sente le désinfectant… »

Dans son article consacré à l’étude, NOS donne également la parole à Tatiana van Lier, dont le fils est né à 27 semaines de grossesse il y a quatorze ans. Après sa naissance, son bébé a souffert de plusieurs complications neurologiques et a dû subir une opération du cerveau à seulement quelques semaines de vie. Aujourd’hui encore, certains sons ou certaines odeurs suffisent à la replonger dans cette période :

Il suffit que je sente du désinfectant pour les mains et je suis à nouveau complètement là-bas. Le simple bruit des moniteurs cardiaques me ramène mentalement dans l’unité de soins intensifs pédiatriques. Je pense que toutes les dix secondes, nous pensions qu’il allait mourir. »

Son fils a survécu et est aujourd’hui en bonne santé. Mais si l’angoisse s’est fortement atténuée au fil des années, elle n’a pas entièrement disparu.

Des facteurs de risque communs, mais aussi des différences entre mères et pères

L’étude montre que certains parents sont davantage exposés que d’autres. Des expériences de vie antérieures particulièrement difficiles, des problèmes psychologiques préexistants ainsi qu’un niveau élevé de stress pendant la grossesse ou l’hospitalisation sont associés à davantage de symptômes chez les mères comme chez les pères. Chez ces derniers, d’autres facteurs apparaissent également : l’état de santé et l’exposition du bébé à des événements stressants, le nombre d’enfants déjà présents dans la famille et le soutien social perçu. Ces différences montrent l’importance de ne pas considérer les parents comme un groupe homogène et de mieux identifier les besoins spécifiques des mères et des pères.

Quand la santé mentale des parents influence aussi celle de l’enfant

L’enjeu ne concerne pas uniquement le bien-être des adultes. Les chercheurs rappellent que la santé psychologique des parents peut avoir des répercussions sur les interactions avec leur enfant et, potentiellement, sur son développement. Ce point est particulièrement important pour les enfants nés très prématurément, qui présentent déjà davantage de risques de rencontrer certaines difficultés, notamment sur le plan socio-émotionnel. Lotte Haverman insiste auprès de NOS sur l’importance de cette relation parent-enfant : « Elle est cruciale pour qu’un enfant puisse grandir en bonne santé. »

Faire du soutien psychologique une partie intégrante des soins

Les chercheurs souhaitent désormais que la santé mentale des parents soit suivie de manière plus systématique lorsqu’un enfant naît très prématurément. Jusqu’à présent, l’attention s’est naturellement concentrée sur le bébé et sur l’urgence médicale. Mais pour Lotte Haverman, la prise en charge doit désormais être pensée plus largement. Elle résume auprès de NOS :

Le bien-être de l’enfant à long terme commence par les parents. D’où la nécessité d’organiser également leur accompagnement lorsqu’ils en ont besoin. »

Les chercheurs souhaitent notamment mieux détecter précocement les parents qui développent des symptômes importants afin de pouvoir leur proposer une aide adaptée. Amsterdam UMC évoque aussi la possibilité d’évaluer plus systématiquement certaines approches thérapeutiques, comme l’EMDR, chez les parents ayant vécu la naissance prématurée de leur enfant comme un événement traumatique.

Sofia Douieb

 

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