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Prématurité extrême : plus d’une mère sur trois présente d’importants symptômes de stress post-traumatique

Une vaste étude néerlandaise publiée dans la revue scientifique Pediatrics révèle que de nombreux parents – les mères surtout – de grands prématurés présentent des symptômes de stress post-traumatique suffisamment importants pour être considérés comme cliniquement préoccupants. Les chercheurs plaident pour que le soutien psychologique des parents devienne une composante à part entière des soins en néonatologie.

Une naissance avant 29 semaines de grossesse implique une prise en charge particulièrement lourde du nouveau-né. Soins intensifs, monitoring permanent, examens, interventions invasives ou parfois opérations : à l’inquiétude concernant la survie et l’état de santé du bébé s’ajoute, pour les parents, un profond sentiment d’impuissance. Interrogée par le média néerlandais NOS, Lotte Haverman, professeure et chercheuse à l’Emma Kinderziekenhuis et à l’Amsterdam UMC, décrit cette expérience :

Les parents ressentent alors souvent une énorme impuissance.Ils doivent assister à des interventions parfois très lourdes sur leur nouveau-né, ce qui constitue une expérience particulièrement bouleversante. »

Plus de 200 familles suivies

L’étude s’inscrit dans le projet national néerlandais HIPPO (Happiness for the Improvement of Premature and Parental Outcome), auquel ont participé toutes les unités néerlandaises de soins intensifs néonatals. Les chercheurs ont suivi 446 bébés nés avant 29 semaines de grossesse. Les parents de 217 familles ont complété des questionnaires consacrés à leur santé mentale à plusieurs moments : peu après la naissance, un mois plus tard et autour de la date initialement prévue de l’accouchement. Les chercheurs ont notamment évalué les symptômes de stress post-traumatique et de dépression, ainsi que différents éléments pouvant augmenter ou diminuer le risque de difficultés psychologiques : antécédents psychosociaux, stress vécu pendant la grossesse ou l’hospitalisation, situation familiale ou encore soutien social.

Des symptômes qui peuvent persister

Les résultats montrent que les difficultés psychologiques ne se limitent pas aux premiers jours après l’accouchement. Les symptômes de stress post-traumatique atteignent leur niveau le plus élevé autour de la date à laquelle le bébé aurait normalement dû naître. Ils concernent alors 35,1 % des mères et 16,4 % des pères.

  • Les symptômes dépressifs évoluent différemment. Chez les mères, ils culminent dans les premières semaines après l’accouchement, avec 39,5 % de symptômes cliniquement élevés. Chez les pères, le pic survient plus tard, autour du terme prévu, et concerne 24,3 % d’entre eux.
  • Les symptômes observés peuvent prendre différentes formes : reviviscences, anxiété persistante, évitement, sentiments négatifs ou état de tension accru.

« Il suffit que je sente le désinfectant… »

Dans son article consacré à l’étude, NOS donne également la parole à Tatiana van Lier, dont le fils est né à 27 semaines de grossesse il y a quatorze ans. Après sa naissance, son bébé a souffert de plusieurs complications neurologiques et a dû subir une opération du cerveau à seulement quelques semaines de vie. Aujourd’hui encore, certains sons ou certaines odeurs suffisent à la replonger dans cette période :

Il suffit que je sente du désinfectant pour les mains et je suis à nouveau complètement là-bas. Le simple bruit des moniteurs cardiaques me ramène mentalement dans l’unité de soins intensifs pédiatriques. Je pense que toutes les dix secondes, nous pensions qu’il allait mourir. »

Son fils a survécu et est aujourd’hui en bonne santé. Mais si l’angoisse s’est fortement atténuée au fil des années, elle n’a pas entièrement disparu.

Des facteurs de risque communs, mais aussi des différences entre mères et pères

L’étude montre que certains parents sont davantage exposés que d’autres. Des expériences de vie antérieures particulièrement difficiles, des problèmes psychologiques préexistants ainsi qu’un niveau élevé de stress pendant la grossesse ou l’hospitalisation sont associés à davantage de symptômes chez les mères comme chez les pères. Chez ces derniers, d’autres facteurs apparaissent également : l’état de santé et l’exposition du bébé à des événements stressants, le nombre d’enfants déjà présents dans la famille et le soutien social perçu. Ces différences montrent l’importance de ne pas considérer les parents comme un groupe homogène et de mieux identifier les besoins spécifiques des mères et des pères.

Quand la santé mentale des parents influence aussi celle de l’enfant

L’enjeu ne concerne pas uniquement le bien-être des adultes. Les chercheurs rappellent que la santé psychologique des parents peut avoir des répercussions sur les interactions avec leur enfant et, potentiellement, sur son développement. Ce point est particulièrement important pour les enfants nés très prématurément, qui présentent déjà davantage de risques de rencontrer certaines difficultés, notamment sur le plan socio-émotionnel. Lotte Haverman insiste auprès de NOS sur l’importance de cette relation parent-enfant : « Elle est cruciale pour qu’un enfant puisse grandir en bonne santé. »

Faire du soutien psychologique une partie intégrante des soins

Les chercheurs souhaitent désormais que la santé mentale des parents soit suivie de manière plus systématique lorsqu’un enfant naît très prématurément. Jusqu’à présent, l’attention s’est naturellement concentrée sur le bébé et sur l’urgence médicale. Mais pour Lotte Haverman, la prise en charge doit désormais être pensée plus largement. Elle résume auprès de NOS :

Le bien-être de l’enfant à long terme commence par les parents. D’où la nécessité d’organiser également leur accompagnement lorsqu’ils en ont besoin. »

Les chercheurs souhaitent notamment mieux détecter précocement les parents qui développent des symptômes importants afin de pouvoir leur proposer une aide adaptée. Amsterdam UMC évoque aussi la possibilité d’évaluer plus systématiquement certaines approches thérapeutiques, comme l’EMDR, chez les parents ayant vécu la naissance prématurée de leur enfant comme un événement traumatique.

Sofia Douieb

 

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Pour la première fois, une enquête révèle l’ampleur de l’inceste en Belgique

Une première enquête nationale menée auprès de plus de 2.000 adultes dresse un état des lieux inédit de l’inceste en Belgique. Selon les résultats, 7 % des personnes interrogées déclarent avoir subi des violences incestueuses durant leur enfance, et 9 % lorsqu’on y ajoute les violences commises par des cousins ou cousines. Au-delà des chiffres, cette étude rappelle l’importance du repérage précoce, de la formation des professionnel.le.s et de l’accompagnement des enfants victimes.

Depuis plusieurs années, Hospichild s’intéresse aux initiatives qui contribuent à briser le silence autour de l’inceste. Nous vous parlions récemment de la pièce Canis Lupus d’Adeline Dieudonné, qui met en scène les souvenirs d’un jeune homme, abusé par son père quand il était enfant. Nous revenions également sur la projection au cinéma Palace du film Une famille consacré à cette thématique, suivie d’un échange avec des professionnel.le.s. Aujourd’hui, une nouvelle enquête apporte, pour la première fois, des données belges représentatives sur ce phénomène encore largement sous-estimé.

Un premier état des lieux national

Réalisée par Dedicated pour les associations Patouche et Ensemble contre l’Inceste, cette enquête a été menée auprès de 2.007 adultes belges entre le 10 et le 26 avril 2026. Jusqu’à présent, la Belgique ne disposait pas d’une enquête nationale sur l’inceste et les chiffres relayés provenaient principalement d’études françaises. Selon les résultats, 7 % des Belges déclarent avoir subi des actes d’inceste durant leur minorité, au regard de la définition actuelle du Code pénal belge. Celle-ci désigne les actes à caractère sexuel commis sur un.e mineur.e par un parent, un membre de la famille jusqu’au troisième degré ou une personne occupant une position similaire au sein de la famille. Lorsque l’on y ajoute les violences commises par des cousins ou cousines – une extension actuellement revendiquée par plusieurs associations –, la proportion atteint 9 % de la population.

La Belgique compte plus d’un million de victimes d’inceste, c’est-à-dire 9% de la population. Il s’agit d’un chiffre minimum, car le sondage n’inclut pas les victimes ne pouvant se déclarer comme telles : les personnes internées en psychiatrie, celles sans domicile fixe, les victimes qui se sont suicidées ou celles qui sont toujours sous amnésie traumatique ou dans le déni », précise le Collectif Ensemble contre l’Inceste au sein d’un communiqué de presse.

Consulter l’ensemble des résultats de l’étude 

Les femmes davantage concernées

L’enquête met en évidence des différences importantes selon le genre. Au regard de la définition actuelle, 10 % des femmes déclarent avoir été victimes d’inceste durant leur enfance, contre 4 % des hommes. En tenant compte également des violences commises par des cousins ou cousines, cette proportion atteint 12 % chez les femmes, contre 6 % chez les hommes. Les personnes âgées de 35 à 54 ans sont également plus nombreuses à rapporter de telles violences que les générations plus âgées.

L’étude montre également que l’inceste touche bien au-delà des seules victimes. Plus d’un quart des Belges (26 %) déclarent connaître au moins une personne ayant été victime d’inceste selon la définition actuelle. Lorsque les cousins et cousines sont également pris en compte, cette proportion atteint 29 %. Ces chiffres illustrent à quel point ces violences concernent l’ensemble de la société, même lorsqu’elles restent cachées.

NOUS NE POUVONS PLUS PRÉTENDRE NE PAS SAVOIR. Ces résultats imposent une réaction à la hauteur de l’ampleur du phénomène. L’inceste n’est pas une affaire privée : c’est une question majeure de santé publique, de protection de l’enfance et de droits humains. »  – Caroline Poiré, avocate, cabinet Defendere, Bruxelles

Enjeu majeur pour les professionnel.le.s de l’enfance

Les conséquences de l’inceste sur la santé physique et psychique peuvent être nombreuses et parfois peu spécifiques : troubles anxieux, difficultés de sommeil, douleurs inexpliquées, symptômes psychosomatiques, troubles alimentaires, difficultés scolaires ou encore changements de comportement. Les professionnel.le.s de la santé, de la petite enfance, du secteur psycho-social et de l’enseignement occupent donc une place essentielle dans le repérage précoce des situations à risque. Parce que la parole des enfants est souvent difficile à recueillir et que les révélations interviennent parfois plusieurs années après les faits, chaque consultation peut représenter une occasion d’identifier des signes d’alerte et d’orienter les familles vers des ressources spécialisées.

Prévention et formation

L’enquête révèle également un large consensus de la population en faveur d’un renforcement de la lutte contre l’inceste. Ainsi, 89 % des personnes interrogées se disent favorables à une formation obligatoire des professionnel.le.s (santé, enseignement, justice, secteur psycho-social…) afin de mieux repérer et accompagner les victimes.

Samira Bourhaba, psychologue au centre Kintsugi à Liège, s’exprime au sein du même communiqué de presse : « C’est pourquoi la formation ne doit pas se limiter au repérage des signes de souffrance ou aux techniques d’audition. Elle doit permettre aux professionnel.le.s de comprendre les mécanismes psychologiques, relationnels et systémiques propres à l’inceste, afin de résister aux phénomènes de minimisation, de déni ou de confusion qui accompagnent fréquemment ces situations. »

Par ailleurs :

  • 92 % souhaitent mieux protéger les professionnel.le.s qui signalent une suspicion d’inceste ;
  • 87 % soutiennent l’élargissement de la définition légale de l’inceste aux cousins, cousines et à certains membres de la belle-famille ;
  • 85 % sont favorables à des actions de prévention et d’information auprès des enfants et de leurs parents dès le plus jeune âge.

Continuer à lever le tabou

Si les œuvres artistiques, les témoignages et les campagnes de sensibilisation contribuent progressivement à faire tomber le silence autour de l’inceste, cette première enquête nationale montre que le phénomène demeure une réalité préoccupante en Belgique. Pour les professionnel.le.s qui accompagnent des enfants et des adolescent.e.s, ces données rappellent combien il est essentiel d’être formé.e.s au repérage des violences intrafamiliales, d’accueillir la parole des jeunes victimes avec bienveillance et de connaître les ressources vers lesquelles les orienter. En donnant pour la première fois une photographie de l’ampleur du phénomène dans notre pays, cette enquête constitue également un outil précieux pour mieux comprendre cette réalité et renforcer les politiques de prévention, de protection et d’accompagnement des enfants victimes.

Les relais pour agir

Face à une situation de violence, il est essentiel de ne pas rester seul.e et de s’appuyer sur les dispositifs existants.

Pour toute victime
SOS Viol – 0800 98 100 (tchat et téléphone)
Brise le Silence asbl : 0488 800 626
Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles : prise en charge en urgence
SOS Inceste – 02 646 60 73
Stop Violence Brussels
Collectif Patouche
Ensemble contre l’inceste

Enfants et professionnel.le.s du scolaire
Garance – programme « Enfants CAPables »

Besoin d’écoute ou d’orientation
Service d’Écoute et d’Orientation Spécialisé (SEOS) – 0800 200 99

Pour les mineur.e.s
SOS Enfants – CHU Saint-Pierre
SOS Enfants – Huderf
Maintenant j’en parle – tchat pour les jeunes

 

Sofia Douieb

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Allongement du congé de paternité en cas d’hospitalisation du bébé : Vooruit réitère sa proposition de loi

La députée fédérale Anja Vanrobaeys a récemment déposé une proposition de loi pour allonger le congé de paternité en cas d’hospitalisation du bébé, souvent pour cause de prématurité. Depuis 2023, plusieurs propositions de ce genre ont été portées au Parlement, sans pour autant aboutir. Sous cette nouvelle législature, le parti social-démocrate néerlandophone Vooruit réitère ainsi sa demande. L’objectif reste le même trois ans plus tard : réduire les risques pour l’enfant prématuré d’une séparation précoce avec ses parents.

Pour rappel, depuis 2023, le congé de paternité en Belgique est fixé à 20 jours. Les alternatives pour le prolonger en cas d’hospitalisation du nouveau-né sont le congé parental ou le congé sans solde ; ce qui imposerait une situation précaire au papa. Les mères bénéficient déjà de cette possibilité de prolonger leur congé de maternité dans une telle circonstance. Il ne débute alors officiellement qu’après la sortie de l’hôpital. Ce que souhaite Vooruit est que les pères bénéficient du même « avantage » en restant auprès de leur bébé à l’hôpital, jusqu’à seize semaines, en plus des 20 jours légaux.

« La loi n’offre pas cette possibilité aux pères »

Au micro de Belga, Anja Vanrobaeys déplore que “la loi n’offre pas cette possibilité aux pères et aux co-parents. Après quatre semaines, leur congé expire inexorablement. Et ce, malgré le fait que cette période soit éprouvante et lourde émotionnellement pour les deux parents, impliquant des visites quotidiennes à l’hôpital.

Elle veut ainsi réduire cette inégalité et redonner une pleine place au papa dans un moment où sa présence est indispensable à l’équilibre de la famille.

Retour sur la proposition précédente

Dans les développements avancés au sein de la précédente proposition de résolution, en 2023 – visant à allonger le congé de naissance pour les pères et co-parents en cas d’hospitalisation du nouveau-né -, Sophie Thémont et quelques autres cosignataires du PS et de Vooruit écrivaient notamment ceci : « Alors qu’une évolution intéressante a pu être constatée dans notre pays depuis 2002 sur le fondement d’une législation clairement orientée dans le sens d’un investissement en faveur d’une meilleure qualité de vie ainsi que d’une plus grande égalité entre les parents, entre les hommes et les femmes, nous estimons aujourd’hui qu’un pas supplémentaire devrait être franchi en matière de congé lorsque le nouveau-né est hospitalisé. Comme le recommande d’ailleurs le KCE dans son rapport :

Nous souhaitons aujourd’hui prolonger le congé de naissance pour les pères et les co-parents dont l’enfant nouveau-né est hospitalisé à la naissance, comme cela est déjà prévu concernant le congé de maternité en cas d’hospitalisation prolongée du nouveau-né. »

La séparation précoce et ses dégâts

Il n’est plus à démontrer que séparer un bébé tout juste né, et prématuré qui plus est, de ses parents peut engendrer de lourds dégâts sur le développement de l’enfant. L’association des Câlineurs de bébés l’ont par exemple très bien compris et tentent de combler les lacunes du système. Leur idée est d’agir en complément, dans un esprit de soutien à la relation parent-enfant, en veillant à ce que les tout-petits ne soient pas privés de contact humain dans des moments de grande vulnérabilité. La présence apaisante du câlineur favorise ainsi le bien-être des bébés et rappelle l’importance de considérer l’aspect émotionnel des soins, au-delà des gestes médicaux. Il ne s’agit pas de remplacer le père ou le.la co-parent.e, mais bien de permettre un relais important et nécessaire auprès du bébé. En attendant, du moins, que le gouvernement réagisse…

Concernant la prématurité

À travers le monde, quelque 152 millions de bébés sont nés avant terme au cours de la dernière décennie, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié le mercredi 10 mai 2023. Sur dix bébés nés, un est prématuré – et toutes les 40 secondes, un de ces bébés meurt. En Belgique plus particulièrement, 7 à 8% des bébés naissent trop tôt. Dans 80% des cas, on le sait en avance et les parents peuvent s’y préparer. Il y a trois degrés de prématurités : extrême (avant 28 semaines), grande (entre 28 et 32 semaines) et modérée (entre 32 et 36 semaines). Si les grands prématurés ne sont pas plus nombreux qu’avant, les prématurés modérés ont réellement augmenté du fait que les femmes font des enfants de plus en plus tard. Il est donc d’autant plus important aujourd’hui que le père puisse lui aussi rester auprès de la mère et de l’enfant si sa période d’hospitalisation se prolonge.

 

Sofia Douieb

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Journée mondiale contre les hépatites : « Faisons tomber les barrières ! »

Le 28 juillet, c’est la journée mondiale contre les hépatites. Selon Sciensano – centre de recherche qui est l’institut national de santé publique en Belgique – les hépatites virales touchent encore certaines populations plus vulnérables alors qu’elles seraient évitables. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) relance quant à elle sa campagne mondiale intitulée « Hépatite : faisons tomber les barrières ! ». Elle rappelle l’importance de renforcer la prévention, d’améliorer l’accès au dépistage et aux soins, et de promouvoir la vaccination lorsqu’elle est disponible.

L’OMS insiste aussi sur le fait que, pour les hépatites A et B – parmi les 5 grandes souches d’hépatovirus (A, B, C, D et E)–, la vaccination constitue un moyen efficace de protection et s’inscrit dans une stratégie globale de prévention, aux côtés des autres mesures permettant de réduire le risque d’infection.

{Communiqué de presse de l’OMS}

Éliminer les hépatites à l’horizon 2030

« Chaque année, le 28 juillet, la Journée mondiale contre l’hépatite est l’occasion de sensibiliser aux hépatites virales et de promouvoir les mesures visant à éliminer les hépatites en tant que menace pour la santé publique à l’horizon 2030.

Le thème de la Journée mondiale contre l’hépatite 2026, « Hépatite : faisons tomber les barrières ! », appelle à lever les obstacles qui empêchent les personnes d’accéder à des services de lutte contre l’hépatite susceptibles de leur sauver la vie.

Des vaccins efficaces, des diagnostics fiables et des traitements contre les hépatites B et C permettent de prévenir les infections et de sauver des vies. La campagne 2026 appelle à renforcer l’engagement politique et à assurer des investissements durables afin d’élargir l’accès aux services de prévention, de dépistage, de traitement et de prise en charge, et d’accélérer les progrès vers l’élimination des hépatites virales en tant que menace pour la santé publique à l’horizon 2030.

Moins de stigmatisation et plus d’accès aux soins

La campagne régionale met en lumière le rôle essentiel que jouent les communautés dans la lutte contre les hépatites virales, notamment en sensibilisant le public, en réduisant la stigmatisation et en plaidant en faveur d’un accès plus équitable au dépistage et aux soins.

La campagne s’inscrit dans le cadre de l’initiative régionale d’élimination de plusieurs maladies, qui repose sur une approche intégrée, centrée sur la personne, de l’élimination des maladies transmissibles. Cette initiative rassemble les efforts déployés dans différents programmes en s’appuyant sur des plateformes communes des systèmes de santé, des secteurs concernés et des communautés afin d’accélérer les progrès vers les cibles d’élimination.

À l’intention du grand public

  • Faites-vous dépister pour les hépatites B et C.
  • Promouvez et assurez le dépistage systématique de l’hépatite B pendant la grossesse, ainsi que l’administration d’une prophylaxie antivirale lorsque cela est nécessaire, dans le cadre de la triple élimination du VIH, des hépatites et de la syphilis.
  • Administrez aux nouveau-nés une dose de vaccin contre l’hépatite B dans les 24 heures suivant la naissance et veillez à ce qu’ils reçoivent l’ensemble des doses prévues par le calendrier vaccinal de l’enfant.
  • Informez-vous et parlez à votre professionnel de santé de l’intérêt d’un dépistage et d’un traitement précoces.

À l’intention des décideurs politiques, des gouvernements et des autorités sanitaires nationales

  • Sensibilisez et améliorez le dépistage ainsi que le traitement précoces, en mettant l’accent sur les populations à haut risque.
  • Généralisez l’administration de la dose de vaccin contre l’hépatite B à la naissance et renforcez la sécurité des transfusions sanguines, des injections ainsi que les services de réduction des risques.
  • Développez l’accès à des services de dépistage et de traitement abordables intégrés aux soins de santé primaires, et élargissez l’offre de services intégrés et abordables de lutte contre les hépatites.
  • Intégrez les services de prise en charge des hépatites à la couverture sanitaire universelle afin d’améliorer l’accès au dépistage et au traitement.
  • Mobilisez les parties prenantes et les communautés afin de soutenir le financement et de favoriser des progrès fondés sur les données. »

Maladie à déclaration obligatoire

Pour rappel, et comme on peut le lire sur le site de l’administration Vivalis : « Afin de préserver la santé des citoyen·ne·s, les professionnel.le.s de santé ont l’obligation légale de déclarer une liste de maladies transmissibles. » Parmi ces maladies, l’Hépatite A doit être déclarée dès la confirmation du diagnostic.

Lorsque les pathologies sont susceptibles d’entraîner un danger pour la population et que des mesures urgentes doivent être prises, leur déclaration est faite immédiatement par téléphone au 02 552 01 91 après le diagnostic (suspicion ou confirmation selon les cas) ou l’obtention d’un résultat d’analyse donnant naissance à l’obligation de procéder à la déclaration. Cette déclaration téléphonique est ensuite confirmée dans les 12 heures par une déclaration électronique. »

 

Partagé par Sofia Douieb

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Transport scolaire vers l’enseignement spécialisé : pourquoi tous ces bâtons dans les roues ?

Dans un communiqué, La Ligue des familles alerte sur la suppression massive de bus scolaires vers l’enseignement spécialisé en Flandre. Elle rappelle également qu’en Wallonie et à Bruxelles, 33 000 enfants recourent chaque jour à ce type de transport scolaire. Nombre d’entre eux y subissent des situations indignes : trajets extrêmement longs (parfois 3 heures par jour voire davantage), absence de formation des accompagnateurs voire absence d’accompagnement des enfants pendant ces trajets (y compris pour des enfants lourdement handicapés)… L’association insiste auprès des politiques : « Il y a urgence pour les enfants ! »

{Communiqué de La Ligue des familles}

La Flandre a ainsi décidé de supprimer 200 lignes de bus vers l’enseignement spécialisé. « Selon De Lijn », indique Belga, « chaque élève pourra toujours se rendre à l’école en bus, même si sa ligne venait à être supprimée. Certains trajets seront cependant rallongés et il ne sera plus possible de garantir qu’un aller simple dure au maximum 90 minutes. »

Fin du plafonnement du temps de trajet en Flandre ? En Wallonie, ce plafonnement n’a même jamais existé

En Wallonie et à Bruxelles, de nombreux enfants de l’enseignement spécialisé vivent aussi un calvaire chaque jour en raison de la longueur des trajets. 30 000 enfants wallons et 3 000 enfants bruxellois prennent le transport scolaire. Et si la Flandre ne peut plus garantir un aller simple de maximum 90 minutes, en Wallonie, ce plafond n’a tout simplement jamais existé. En novembre 2025, le ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes indiquait que son objectif (pour l’avenir donc) était de réduire « progressivement » les trajets à moins de 3h par jour. Le 3 avril 2026, le ministre de l’Enseignement en Cocof, Boris Dilliès fixait le même objectif au parlement de la Cocof.

Il y a moins d’écoles de l’enseignement spécialisé que de l’enseignement ordinaire et elles ne sont pas réparties équitablement sur le territoire », indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « Si vous habitez le Hainaut et que vous avez un enfant présentant une déficience visuelle, il n’y a d’école adaptée qu’en région montoise – pour toute la province. Les enfants de l’enseignement spécialisé doivent donc aller à l’école loin de chez eux et, souvent, il n’y a pas de garderie. Pour les parents, il est fréquemment impossible de conduire leurs enfants si loin, pile aux horaires d’école. Le transport scolaire est une vraie nécessité mais il est actuellement maltraitant pour ces enfants. »

En Wallonie, le manque d’accompagnateurs est également un souci récurrent. Au-delà des problèmes pouvant se poser dans le bus en l’absence d’accompagnement, le ministre indiquait au parlement qu’il arrive qu' »on signale aux parents des enfants qui ont le plus de besoins que malheureusement, faute d’accompagnateur, leur enfant ne sera pas autorisé à monter dans le bus. » 

Quel calendrier politique ? Ce n’est pas encore clair, or il y a urgence pour ces enfants

La Ligue des familles constate une certaine opacité concernant les temps de trajets de ces enfants : les pouvoirs publics ne publient pas de données régulières à ce sujet. Ces données sont pourtant importantes pour permettre une réponse politique adéquate.

En Wallonie, le ministre François Desquesnes a annoncé un plan en la matière et « des groupes de travail qui seront mis en place pour avoir les premiers résultats pour septembre 2026 et les autres résultats pour septembre 2027 ». Il a en effet annoncé en avril au parlement wallon avoir mis en place certains groupes de travail mais, en ce qui concerne spécifiquement les temps de trajet, l’ambition et le calendrier n’étaient pas précis à ce stade.

A Bruxelles, le ministre-président Boris Dilliès, également en charge de l’Enseignement à la Cocof, annonçait au Parlement de la Cocof le 3 avril 2026 le déploiement d’une nouvelle application pour les parents d’enfants concernés et l’engagement d’un travail « pour professionnaliser le métier d’accompagnateur scolaire ».

La Ligue des familles soutient les initiatives en cours mais craint qu’elles soient insuffisantes pour réduire réellement les temps de trajet de ces enfants à brève échéance« , s’inquiète Madeleine Guyot.

Des enfants parfois lourdement handicapés: « le rôle des pouvoirs publics est de les protéger »

La Ligue des familles appelle les ministres à prendre ce dossier à bras-le-corps et de toute urgence pour ne pas laisser les familles en souffrance et notamment à :

  • Publier chaque année les chiffres relatifs aux temps de trajets et au nombre de trajets sans accompagnateur ou accompagnatrice,
  • Augmenter le nombre de circuits de bus afin de diminuer les temps de trajets de chaque circuit,
  • Mettre en place toutes les mesures possibles pour lutter contre la pénurie de chauffeurs, notamment le recours à des mini-vans ne nécessitant qu’un permis B,
  • Assurer des conditions de travail décentes pour les accompagnateurs ou accompagnatrices des trajets, afin de faciliter le recrutement, et garantir leur formation,
  • Mettre en place des garderies dans l’enseignement spécialisé pour permettre à davantage de parents d’effectuer les trajets eux-mêmes.

On parle d’enfants à besoins spécifiques, parfois lourdement handicapés. Le rôle des pouvoirs publics est de les protéger et de leur permettre de suivre leur scolarité dans les meilleures conditions. Cette situation indigne a déjà trop duré », conclut Madeleine Guyot.

 

Partagé par Sofia Douieb

 

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