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Allongement du congé de paternité en cas d’hospitalisation du bébé : Vooruit réitère sa proposition de loi

La députée fédérale Anja Vanrobaeys a récemment déposé une proposition de loi pour allonger le congé de paternité en cas d’hospitalisation du bébé, souvent pour cause de prématurité. Depuis 2023, plusieurs propositions de ce genre ont été portées au Parlement, sans pour autant aboutir. Sous cette nouvelle législature, le parti social-démocrate néerlandophone Vooruit réitère ainsi sa demande. L’objectif reste le même trois ans plus tard : réduire les risques pour l’enfant prématuré d’une séparation précoce avec ses parents.

Pour rappel, depuis 2023, le congé de paternité en Belgique est fixé à 20 jours. Les alternatives pour le prolonger en cas d’hospitalisation du nouveau-né sont le congé parental ou le congé sans solde ; ce qui imposerait une situation précaire au papa. Les mères bénéficient déjà de cette possibilité de prolonger leur congé de maternité dans une telle circonstance. Il ne débute alors officiellement qu’après la sortie de l’hôpital. Ce que souhaite Vooruit est que les pères bénéficient du même « avantage » en restant auprès de leur bébé à l’hôpital, jusqu’à seize semaines, en plus des 20 jours légaux.

« La loi n’offre pas cette possibilité aux pères »

Au micro de Belga, Anja Vanrobaeys déplore que “la loi n’offre pas cette possibilité aux pères et aux co-parents. Après quatre semaines, leur congé expire inexorablement. Et ce, malgré le fait que cette période soit éprouvante et lourde émotionnellement pour les deux parents, impliquant des visites quotidiennes à l’hôpital.

Elle veut ainsi réduire cette inégalité et redonner une plein place au papa dans un moment où sa présence est indispensable à l’équilibre de la famille.

Retour sur la proposition précédente

Dans les développements avancés au sein de la précédente proposition de résolution, en 2023 – visant à allonger le congé de naissance pour les pères et coparents en cas d’hospitalisation du nouveau-né -, Sophie Thémont et quelques autres cosignataires du PS et de Vooruit écrivaient notamment ceci : « Alors qu’une évolution intéressante a pu être constatée dans notre pays depuis 2002 sur le fondement d’une législation clairement orientée dans le sens d’un investissement en faveur d’une meilleure qualité de vie ainsi que d’une plus grande égalité entre les parents, entre les hommes et les femmes, nous estimons aujourd’hui qu’un pas supplémentaire devrait être franchi en matière de congé lorsque le nouveau-né est hospitalisé. Comme le recommande d’ailleurs le KCE dans son rapport :

Nous souhaitons aujourd’hui prolonger le congé de naissance pour les pères et les coparents dont l’enfant nouveau-né est hospitalisé à la naissance, comme cela est déjà prévu concernant le congé de maternité en cas d’hospitalisation prolongée du nouveau-né. »

La séparation précoce et ses dégâts

Il n’est plus à démontrer que séparer un bébé tout juste né, et prématuré qui plus est, de ses parents peut engendrer de lourds dégâts sur le développement de l’enfant. L’association des Câlineurs de bébés l’ont par exemple très bien compris et tentent de combler les lacunes du système. Leur idée est d’agir en complément, dans un esprit de soutien à la relation parent-enfant, en veillant à ce que les tout-petits ne soient pas privés de contact humain dans des moments de grande vulnérabilité. La présence apaisante du câlineur favorise ainsi le bien-être des bébés et rappelle l’importance de considérer l’aspect émotionnel des soins, au-delà des gestes médicaux. Il ne s’agit pas de remplacer le père ou le.la co-parent.e, mais bien de permettre un relais important et nécessaire auprès du bébé. En attendant, du moins, que le gouvernement réagisse…

Concernant la prématurité

À travers le monde, quelque 152 millions de bébés sont nés avant terme au cours de la dernière décennie, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié le mercredi 10 mai 2023. Sur dix bébés nés, un est prématuré – et toutes les 40 secondes, un de ces bébés meurt. En Belgique plus particulièrement, 7 à 8% des bébés naissent trop tôt. Dans 80% des cas, on le sait en avance et les parents peuvent s’y préparer. Il y a trois degrés de prématurités : extrême (avant 28 semaines), grande (entre 28 et 32 semaines) et modérée (entre 32 et 36 semaines). Si les grands prématurés ne sont pas plus nombreux qu’avant, les prématurés modérés ont réellement augmenté du fait que les femmes font des enfants de plus en plus tard. Il est donc d’autant plus important aujourd’hui que le père puisse lui aussi rester auprès de la mère et de l’enfant si sa période d’hospitalisation se prolonge.

 

Sofia Douieb

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Journée mondiale contre les hépatites : « Faisons tomber les barrières ! »

Le 28 juillet, c’est la journée mondiale contre les hépatites. Selon Sciensano – centre de recherche qui est l’institut national de santé publique en Belgique – les hépatites virales touchent encore certaines populations plus vulnérables alors qu’elles seraient évitables. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) relance quant à elle sa campagne mondiale intitulée « Hépatite : faisons tomber les barrières ! ». Elle rappelle l’importance de renforcer la prévention, d’améliorer l’accès au dépistage et aux soins, et de promouvoir la vaccination lorsqu’elle est disponible.

L’OMS insiste aussi sur le fait que, pour les hépatites A et B – parmi les 5 grandes souches d’hépatovirus (A, B, C, D et E)–, la vaccination constitue un moyen efficace de protection et s’inscrit dans une stratégie globale de prévention, aux côtés des autres mesures permettant de réduire le risque d’infection.

{Communiqué de presse de l’OMS}

Éliminer les hépatites à l’horizon 2030

« Chaque année, le 28 juillet, la Journée mondiale contre l’hépatite est l’occasion de sensibiliser aux hépatites virales et de promouvoir les mesures visant à éliminer les hépatites en tant que menace pour la santé publique à l’horizon 2030.

Le thème de la Journée mondiale contre l’hépatite 2026, « Hépatite : faisons tomber les barrières ! », appelle à lever les obstacles qui empêchent les personnes d’accéder à des services de lutte contre l’hépatite susceptibles de leur sauver la vie.

Des vaccins efficaces, des diagnostics fiables et des traitements contre les hépatites B et C permettent de prévenir les infections et de sauver des vies. La campagne 2026 appelle à renforcer l’engagement politique et à assurer des investissements durables afin d’élargir l’accès aux services de prévention, de dépistage, de traitement et de prise en charge, et d’accélérer les progrès vers l’élimination des hépatites virales en tant que menace pour la santé publique à l’horizon 2030.

Moins de stigmatisation et plus d’accès aux soins

La campagne régionale met en lumière le rôle essentiel que jouent les communautés dans la lutte contre les hépatites virales, notamment en sensibilisant le public, en réduisant la stigmatisation et en plaidant en faveur d’un accès plus équitable au dépistage et aux soins.

La campagne s’inscrit dans le cadre de l’initiative régionale d’élimination de plusieurs maladies, qui repose sur une approche intégrée, centrée sur la personne, de l’élimination des maladies transmissibles. Cette initiative rassemble les efforts déployés dans différents programmes en s’appuyant sur des plateformes communes des systèmes de santé, des secteurs concernés et des communautés afin d’accélérer les progrès vers les cibles d’élimination.

À l’intention du grand public

  • Faites-vous dépister pour les hépatites B et C.
  • Promouvez et assurez le dépistage systématique de l’hépatite B pendant la grossesse, ainsi que l’administration d’une prophylaxie antivirale lorsque cela est nécessaire, dans le cadre de la triple élimination du VIH, des hépatites et de la syphilis.
  • Administrez aux nouveau-nés une dose de vaccin contre l’hépatite B dans les 24 heures suivant la naissance et veillez à ce qu’ils reçoivent l’ensemble des doses prévues par le calendrier vaccinal de l’enfant.
  • Informez-vous et parlez à votre professionnel de santé de l’intérêt d’un dépistage et d’un traitement précoces.

À l’intention des décideurs politiques, des gouvernements et des autorités sanitaires nationales

  • Sensibilisez et améliorez le dépistage ainsi que le traitement précoces, en mettant l’accent sur les populations à haut risque.
  • Généralisez l’administration de la dose de vaccin contre l’hépatite B à la naissance et renforcez la sécurité des transfusions sanguines, des injections ainsi que les services de réduction des risques.
  • Développez l’accès à des services de dépistage et de traitement abordables intégrés aux soins de santé primaires, et élargissez l’offre de services intégrés et abordables de lutte contre les hépatites.
  • Intégrez les services de prise en charge des hépatites à la couverture sanitaire universelle afin d’améliorer l’accès au dépistage et au traitement.
  • Mobilisez les parties prenantes et les communautés afin de soutenir le financement et de favoriser des progrès fondés sur les données. »

Maladie à déclaration obligatoire

Pour rappel, et comme on peut le lire sur le site de l’administration Vivalis : « Afin de préserver la santé des citoyen·ne·s, les professionnel.le.s de santé ont l’obligation légale de déclarer une liste de maladies transmissibles. » Parmi ces maladies, l’Hépatite A doit être déclarée dès la confirmation du diagnostic.

Lorsque les pathologies sont susceptibles d’entraîner un danger pour la population et que des mesures urgentes doivent être prises, leur déclaration est faite immédiatement par téléphone au 02 552 01 91 après le diagnostic (suspicion ou confirmation selon les cas) ou l’obtention d’un résultat d’analyse donnant naissance à l’obligation de procéder à la déclaration. Cette déclaration téléphonique est ensuite confirmée dans les 12 heures par une déclaration électronique. »

 

Partagé par Sofia Douieb

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Transport scolaire vers l’enseignement spécialisé : pourquoi tous ces bâtons dans les roues ?

Dans un communiqué, La Ligue des familles alerte sur la suppression massive de bus scolaires vers l’enseignement spécialisé en Flandre. Elle rappelle également qu’en Wallonie et à Bruxelles, 33 000 enfants recourent chaque jour à ce type de transport scolaire. Nombre d’entre eux y subissent des situations indignes : trajets extrêmement longs (parfois 3 heures par jour voire davantage), absence de formation des accompagnateurs voire absence d’accompagnement des enfants pendant ces trajets (y compris pour des enfants lourdement handicapés)… L’association insiste auprès des politiques : « Il y a urgence pour les enfants ! »

{Communiqué de La Ligue des familles}

La Flandre a ainsi décidé de supprimer 200 lignes de bus vers l’enseignement spécialisé. « Selon De Lijn », indique Belga, « chaque élève pourra toujours se rendre à l’école en bus, même si sa ligne venait à être supprimée. Certains trajets seront cependant rallongés et il ne sera plus possible de garantir qu’un aller simple dure au maximum 90 minutes. »

Fin du plafonnement du temps de trajet en Flandre ? En Wallonie, ce plafonnement n’a même jamais existé

En Wallonie et à Bruxelles, de nombreux enfants de l’enseignement spécialisé vivent aussi un calvaire chaque jour en raison de la longueur des trajets. 30 000 enfants wallons et 3 000 enfants bruxellois prennent le transport scolaire. Et si la Flandre ne peut plus garantir un aller simple de maximum 90 minutes, en Wallonie, ce plafond n’a tout simplement jamais existé. En novembre 2025, le ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes indiquait que son objectif (pour l’avenir donc) était de réduire « progressivement » les trajets à moins de 3h par jour. Le 3 avril 2026, le ministre de l’Enseignement en Cocof, Boris Dilliès fixait le même objectif au parlement de la Cocof.

Il y a moins d’écoles de l’enseignement spécialisé que de l’enseignement ordinaire et elles ne sont pas réparties équitablement sur le territoire », indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « Si vous habitez le Hainaut et que vous avez un enfant présentant une déficience visuelle, il n’y a d’école adaptée qu’en région montoise – pour toute la province. Les enfants de l’enseignement spécialisé doivent donc aller à l’école loin de chez eux et, souvent, il n’y a pas de garderie. Pour les parents, il est fréquemment impossible de conduire leurs enfants si loin, pile aux horaires d’école. Le transport scolaire est une vraie nécessité mais il est actuellement maltraitant pour ces enfants. »

En Wallonie, le manque d’accompagnateurs est également un souci récurrent. Au-delà des problèmes pouvant se poser dans le bus en l’absence d’accompagnement, le ministre indiquait au parlement qu’il arrive qu' »on signale aux parents des enfants qui ont le plus de besoins que malheureusement, faute d’accompagnateur, leur enfant ne sera pas autorisé à monter dans le bus. » 

Quel calendrier politique ? Ce n’est pas encore clair, or il y a urgence pour ces enfants

La Ligue des familles constate une certaine opacité concernant les temps de trajets de ces enfants : les pouvoirs publics ne publient pas de données régulières à ce sujet. Ces données sont pourtant importantes pour permettre une réponse politique adéquate.

En Wallonie, le ministre François Desquesnes a annoncé un plan en la matière et « des groupes de travail qui seront mis en place pour avoir les premiers résultats pour septembre 2026 et les autres résultats pour septembre 2027 ». Il a en effet annoncé en avril au parlement wallon avoir mis en place certains groupes de travail mais, en ce qui concerne spécifiquement les temps de trajet, l’ambition et le calendrier n’étaient pas précis à ce stade.

A Bruxelles, le ministre-président Boris Dilliès, également en charge de l’Enseignement à la Cocof, annonçait au Parlement de la Cocof le 3 avril 2026 le déploiement d’une nouvelle application pour les parents d’enfants concernés et l’engagement d’un travail « pour professionnaliser le métier d’accompagnateur scolaire ».

La Ligue des familles soutient les initiatives en cours mais craint qu’elles soient insuffisantes pour réduire réellement les temps de trajet de ces enfants à brève échéance« , s’inquiète Madeleine Guyot.

Des enfants parfois lourdement handicapés: « le rôle des pouvoirs publics est de les protéger »

La Ligue des familles appelle les ministres à prendre ce dossier à bras-le-corps et de toute urgence pour ne pas laisser les familles en souffrance et notamment à :

  • Publier chaque année les chiffres relatifs aux temps de trajets et au nombre de trajets sans accompagnateur ou accompagnatrice,
  • Augmenter le nombre de circuits de bus afin de diminuer les temps de trajets de chaque circuit,
  • Mettre en place toutes les mesures possibles pour lutter contre la pénurie de chauffeurs, notamment le recours à des mini-vans ne nécessitant qu’un permis B,
  • Assurer des conditions de travail décentes pour les accompagnateurs ou accompagnatrices des trajets, afin de faciliter le recrutement, et garantir leur formation,
  • Mettre en place des garderies dans l’enseignement spécialisé pour permettre à davantage de parents d’effectuer les trajets eux-mêmes.

On parle d’enfants à besoins spécifiques, parfois lourdement handicapés. Le rôle des pouvoirs publics est de les protéger et de leur permettre de suivre leur scolarité dans les meilleures conditions. Cette situation indigne a déjà trop duré », conclut Madeleine Guyot.

 

Partagé par Sofia Douieb

 

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Un peu de clarté sur l’e-santé en Belgique

À l’occasion de la Semaine de l’e-santé, organisée à la fin du mois de juin dernier, plusieurs événements ont permis de mettre en lumière les enjeux du partage sécurisé des données de santé en Belgique. Hospichild a notamment participé à une séance d’information organisée au sein de Vivalis, l’administration bruxelloise qui finance notamment Abrumet, gestionnaire du Réseau Santé Bruxellois.

Cette rencontre a permis de mieux comprendre le fonctionnement de l’e-santé, les projets actuellement développés en Belgique, ainsi que les mécanismes qui encadrent le partage des données médicales. Des notions parfois complexes mais essentielles pour les patient.e.s, les familles et les professionnel.le.s de santé.

L’e-santé, qu’est-ce que c’est ?

L’e-santé regroupe l’ensemble des outils numériques qui permettent de partager, consulter et gérer des informations de santé de manière électronique et sécurisée. Concrètement, ces outils facilitent l’échange d’informations entre les différent.e.s professionnel.le.s impliqué.e.s dans la prise en charge d’un.e patient.e : médecin généraliste, pédiatre, spécialiste, pharmacien.ne, infirmier.ère, kinésithérapeute, sage-femme, etc.

Pour les enfants atteints d’une maladie chronique, suivis dans plusieurs hôpitaux ou par plusieurs spécialistes, l’e-santé peut contribuer à améliorer la continuité des soins. Elle permet notamment aux professionnel.le.s de disposer plus rapidement des informations nécessaires, tout en évitant certains examens ou démarches redondantes.

Une semaine pour sensibiliser le public

Pour cette édition 2026, Abrumet a multiplié les initiatives destinées à informer le grand public et les professionnel.le.s. Un webinaire a permis de faire le point sur les projets eSanté en cours et à venir. Par ailleurs, plusieurs institutions ont ouvert leurs portes dans le cadre de reportages réalisés en partenariat avec BX1 : le CH Jean Titeca ; le CHU Saint-Pierre ; les Cliniques universitaires Saint-Luc.

Ces reportages mettent en avant des projets innovants liés à la gestion et au partage des données de santé. Enfin, une campagne de sensibilisation a été lancée dans le métro bruxellois autour du slogan : « Mon médecin et moi, on a tant à partager ».

Son objectif est de rappeler que le partage sécurisé des données n’est pas une finalité en soi, mais un outil destiné à renforcer la qualité des soins et la communication entre patient.e.s et soignant.e.s.

Des coffres-forts et des hubs : quelle différence ?

Lors de la séance organisée chez Vivalis, l’oratrice présentait la différence entre les coffres-forts de données de santé et les hubs qui permettent leur partage.

  • Les coffres-forts sont les espaces sécurisés dans lesquels sont stockés les documents médicaux : résultats d’examens, rapports médicaux, comptes rendus d’hospitalisation, données de vaccination ou encore prescriptions.
  • Les hubs, quant à eux, ne stockent pas directement les données. Ils servent de plateforme d’échange entre les différent.e.s acteur.rice.s du système de santé. Leur rôle est d’indiquer où se trouvent les informations et de permettre aux professionnel.le.s autorisé.e.s d’y accéder lorsqu’ils ou elles prennent en charge un.e patient.e.

La Belgique dispose de plusieurs hubs régionaux :

  • Le Réseau Santé Bruxellois, géré par Abrumet
  • Le Réseau Santé Wallon
  • Plusieurs réseaux flamands, dont CoZo

Ces différents réseaux sont reliés par le MetaHub, une infrastructure nationale qui permet aux systèmes de communiquer entre eux. L’objectif n’est donc pas de centraliser toutes les données médicales dans une seule base de données nationale, mais de permettre aux différents réseaux de collaborer de manière sécurisée.

Trois conditions pour accéder aux données de santé

Le partage des données médicales repose sur trois mécanismes destinés à protéger la vie privée des patient.e.s : le consentement, le lien thérapeutique et la matrice d’accès.

1. Le consentement

Le consentement autorise le partage électronique sécurisé des données de santé. Une fois enregistré, il est valable dans toute la Belgique et est entièrement gratuit. Il n’est donc pas nécessaire de le redonner à chaque consultation.

Lors de la séance d’information, les intervenant.e.s ont également rappelé l’existence de deux approches différentes en Belgique.

Le système OPT IN

À Bruxelles et en Wallonie, le partage des données repose sur un système dit « OPT IN ». Cela signifie que le ou la patient.e doit donner explicitement son accord avant que ses données puissent être partagées via les réseaux de santé. Sans cette démarche volontaire, aucun partage électronique ne peut avoir lieu.

Le système OPT OUT

En Flandre, le système fonctionne davantage selon le principe de l’« OPT OUT ».Dans ce modèle, le partage est prévu par défaut dans le cadre légal existant, tout en laissant au ou à la patient.e la possibilité de s’y opposer.

Dans les deux cas, la protection de la vie privée reste au cœur du dispositif. Le consentement peut par ailleurs être retiré à tout moment. Ce retrait est valable dans tout le pays et entraîne l’arrêt du partage des documents de santé.

Pour les enfants mineur.e.s, ces démarches sont généralement réalisées par les parents ou les représentant.e.s légaux.ales.

2. Le lien thérapeutique

Même lorsqu’un consentement a été donné, un.e professionnel.le de santé ne peut accéder aux données médicales que s’il existe un lien thérapeutique avec le ou la patient.e. Ce lien se crée lorsqu’une relation de soins est établie avec un.e professionnel.le de santé : médecin, pharmacien.ne, infirmier.ère, kinésithérapeute, dentiste, sage-femme ou autre professionnel.le concerné.e.

À l’inverse, les médecins-conseils des mutuelles, les médecins du travail ou les compagnies d’assurance n’ont pas accès aux données partagées dans ce cadre. La durée de ce lien varie selon le type de prise en charge :

  • 15 mois pour le médecin traitant ou le ou la pharmacien.ne habituel.le ;
  • 3 mois pour certaines prises en charge ponctuelles, par exemple chez un.e kinésithérapeute ;
  • 1 mois pour un.e médecin urgentiste.

L’existence de cette relation thérapeutique doit pouvoir être démontrée, notamment grâce à l’identification du ou de la patient.e lors de la consultation ou de l’admission à l’hôpital.

3. La matrice d’accès

Tous.tes les professionnel.le.s n’ont pas accès aux mêmes informations. C’est le rôle de la matrice d’accès de déterminer quelles données peuvent être consultées par chaque profession. Ainsi, un.e pharmacien.ne pourra consulter les médicaments délivrés à un.e patient.e mais pas nécessairement les résultats de laboratoire. À l’inverse, un médecin disposera d’un accès plus étendu à certaines informations médicales.

→ Vers la matrice d’accès 

Depuis peu, certains professionnel.le.s du secteur multidisciplinaire peuvent également bénéficier d’« accès étendus ». Avec l’accord explicite du ou de la patient.e, ils ou elles peuvent consulter certains documents directement liés à leur domaine d’expertise. Par exemple :

  • un.e kinésithérapeute pourra accéder à des rapports d’orthopédie ;
  • un.e diététicien.ne pourra consulter des rapports de diabétologie ;
  • un.e infirmier.ère pourra accéder à certaines informations utiles à la continuité des soins.

L’objectif est de favoriser une prise en charge plus cohérente tout en garantissant que chaque professionnel.le ne consulte que les informations réellement pertinentes pour son intervention.

Concrètement, une demande est effectuée via le Réseau Santé Bruxellois. Le ou la patient.e reçoit ensuite une notification lui permettant d’accepter ou de refuser cette demande d’accès.

Un enjeu important pour les enfants et les familles

Pour les enfants suivis par plusieurs professionnel.le.s ou dans différents établissements de soins, l’e-santé représente un outil précieux de coordination. Elle permet aux équipes médicales de mieux communiquer entre elles, d’accéder plus rapidement aux informations utiles et d’assurer une continuité des soins, y compris lors d’une hospitalisation ou d’une prise en charge urgente.

À condition que le consentement soit donné et que les règles de sécurité soient respectées, le partage des données de santé peut ainsi contribuer à une prise en charge plus fluide, plus cohérente et plus adaptée aux besoins des enfants et de leurs familles.

→ Visionner une des vidéos explicatives ou se rendre sur le site du Réseau Santé Bruxellois

 

Sofia Douieb

 

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Nouveau plan d’action fédéral handicap 2025-2029 : et les enfants dans tout ça ?

Le plan d’action fédéral handicap rassemble les principaux engagements et mesures concrètes du gouvernement fédéral visant à renforcer davantage les droits et l’inclusion des personnes en situation de handicap, tels qu’ils sont inscrits dans la Convention des Nations unies et dans la Constitution. Plusieurs mesures intéressent particulièrement Hospichild, puisqu’elles concernent les enfants.

Le Conseil des ministres a approuvé le plan d’action le 3 avril 2026. Ce plan comprend 118 mesures qui touchent tous les domaines de la vie, de l’emploi et de l’accessibilité aux soins de santé, en passant par la mobilité et la protection sociale. Le ministre Rob Beenders, chargé des personnes handicapées, coordonne sa mise en œuvre.

→ Lien vers le plan d’action fédéral handicap : plan_daction_federal_fr.pdf

Les mesures clés

Le nouveau plan d’action fédéral handicap 2025-2029 contient plusieurs mesures clés :

  • l’amélioration de l’accessibilité et de l’emploi des personnes en situation de handicap,
  • un accès facilité au vote,
  • la mise en place d’un trajet de soins adaptés pour les personnes internées,
  • la possibilité de cumuler plus facilement emploi et allocations sociales.

Quid des enfants ?

Quelques mesures concernant les enfants émergent du document :

  • Le respect des capacités évolutives des enfants en situation de handicap est primordial, ainsi que le respect du droit des enfants en situation de handicap à préserver leur identité propre.
  • Les personnes en situation de handicap sont confrontées à un risque accru de pauvreté dans notre pays. Il est ainsi demandé d’accorder une attention particulière à la situation des femmes, des enfants et des personnes âgées en situation de handicap.

Sur une proposition de Frank Vanderbroucke, une dernière mesure est évoquée :

  • Veiller à ce que les enfants ayant des besoins plus importants en matière de développement du langage aient accès à un soutien adapté, en garantissant que les enfants présentant une déficience intellectuelle puissent bénéficier d’un traitement logopédique adapté, en respectant les accords conclus avec les Communautés et Régions concernant la poursuite du développement d’une offre multidisciplinaire adaptée, en veillant à la continuité entre l’établissement d’un bilan et le début d’un traitement multidisciplinaire. Si, à titre exceptionnel, un traitement monodisciplinaire est indiqué, l’accès à celui-ci est garanti.

Réaction d’Unia, centre pour l’égalité des chances

En tant que « mécanisme de suivi de la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées », Unia a contribué à plusieurs reprises à ce plan. D’abord sous forme de recommandations et ensuite sous forme d’avis remis sur le draft du plan d’action. 

→ Découvrez les recommandations d’Uniapour le plan d’action fédéral handicap 2025-2029.

Unia se réjouit du nouveau plan d’action fédéral visant à améliorer l’inclusion des personnes en situation de handicap dans les prochaines années », écrit l’institution publique sur son site. « Nous saluons particulièrement la collaboration entre tous les niveaux politiques, qui permet de mieux prendre en compte l’ensemble des obstacles auxquels se heurtent les personnes en situation de handicap. »

Des efforts encore à fournir

Unia appelle tous les ministres à mettre en œuvre l’ensemble des mesures reprises dans le plan et à tenir compte, pour l’ensemble de leur politique, de l’impact que ces politiques peuvent avoir sur les personnes en situation de handicap. Et sur ce point, Rob Beenders, Ministre des Personnes handicapées, rassure :

Ce document (le plan d’action fédéral handicap) vaut largement tous les efforts consentis. Il constitue la base de la politique en faveur des personnes en situation de handicap pour les quatre prochaines années. Je m’engage d’ores et déjà à suivre de près et avec rigueur sa mise en œuvre, afin que ce plan ne reste pas seulement un ensemble d’engagements ou de promesses, mais qu’il apporte une réelle amélioration pour les personnes en situation de handicap. »

 

Sofia Douieb

 

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