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Les Cliniclowns soufflent leurs 15 bougies
Entre-temps ils sont devenus tellement familiers dans les services pédiatriques et cancérologiques qu’on dirait qu’ils sont là depuis toujours. Pourtant l'association Cliniclowns a été créée, il y a seulement 15 ans. Une occasion pour Hospinews de passer en revue l'histoire de l'association avec la coordinatrice générale Valérie Van Gastel. Propos recueillis par Jan Jacobs, Correspondant Hospichild en Flandre.
15 ans Cliniclowns
En 1994, les premiers Cliniclowns ont débarqué dans une chambre du service de pédiatrie d'un hôpital anversois ; un peu mal à l'aise et sous le regard méfiant du personnel médical.
Aujourd'hui les hôpitaux demandent à recevoir les clowns en visite. Valérie Van Gastel (coordinatrice générale des Cliniclowns) esquisse l'histoire de ce succès.
Comment les Cliniclowns sont-ils nés ?
Valérie Van Gastel : Le phénomène est apparu aux EU et au Canada. Un documentaire fut tourné au sujet de leurs activités et ensuite diffusé chez nous à la télévision. Notre président actuel a vu le programme, il a trouvé cela une idée brillante et c’est comme ça que tout à commencé.
Comment se sont passé les premières expériences ?
V.V.G. : Nous avons commencé avec un couple de clowns dans deux hôpitaux anversois. Le personnel médical était d’abord assez sceptique face à l'initiative. De ce fait nous avons convenu avec eux que nous évaluerions tout après un an. Après six mois, les réactions étaient tellement enthousiastes que depuis on pense surtout à élargir le projet.
Comment êtes-vous organisés ?
V.V.G. : Actuellement nos clowns visitent 26 sections en Flandre et 4 en Wallonie. Il s'agit généralement de couples de deux clowns qui viennent en visite un demi-jour par semaine. Les enfants malades savent donc quand ils peuvent attendre les cliniclowns. Ce sont aussi toujours les mêmes clowns, pour qu’un lien puisse se tisser avec eux.
Pourquoi les Cliniclowns fonctionne-t-il presque toujours par deux ?
V.V.G. : Nos clowns sont confrontés à la maladie, la douleur et même le décès chez les enfants. Ce n'est pas toujours évident à porter. De ce fait, c’est important qu’ils puissent travailler à deux, avec un partenaire qu’ils connaissent bien. Si cela devient trop lourd pour eux, ils peuvent faire appel à un psychologue de l’hôpital. L'impact émotionnel du travail n'est pas à sous-estimer. À ce titre les candidats Cliniclowns accompagnent d’abord leurs collègues pendant un certain temps, pour voir s’ils arrivent à gérer leurs émotions.
Les Cliniclowns sont-ils subventionnés ?
V.V.G. : Non, nous devons chercher notre budget d'action, qui est de 500.000 €/par an, auprès de sociétés et de particuliers. Ce montant nous permet de faire travailler seize clowns. Et pour éviter toute confusion : les Cliniclowns ne font pas de bénévolat. Ils travaillent au moins 12 heures par semaine pour nous et reçoivent pour cela une rémunération.
Que doit connaître et savoir un bon Cliniclown ?
V.V.G. : Il doit avoir suffisamment d’expérience pour pouvoir improviser, avoir assez de feeling et de faculté d’adaptation pour sentir ce qui est possible ou pas (sans oublier de prendre en compte les parents et la famille). Un Cliniclown doit également pouvoir s’effacer : ce n’est pas lui mais l'enfant malade qui est essentiel. Et il doit être ouvert aux critiques et suggestions de l'équipe médicale de la section. Nos collaborateurs ont des expériences très divergentes, et la plupart d’entre eux ont une expérience d'improvisation, de théâtre, de clownerie ou de travail avec les enfants.
Y-a-t-il encore de nouvelles initiatives ?
V.V.G. : L'année passée nous avons commencé avec un projet webcam. Les enfants peuvent se connecter de leur chambre d’hôpital via un mot de passe et communiquer en ligne avec les Cliniclowns. De cette façon nous atteignons évidemment beaucoup plus d'enfants. Le projet pilote se déroule actuellement dans deux hôpitaux, mais sera bientôt élargi au Gasthuisberg à Louvain. Cette option est indubitablement importante pour notre avenir.
Avez-vous encore un message pour nos lecteurs ?
V.V.G. : Cliniclowns est continuellement à la recherche de donateurs pour financer son fonctionnement. Pour la somme de 30 euros par an (et une attestation fiscale), vous nous aidez énormément. D’ailleurs nous allons renouveler entièrement notre site pour faciliter le soutien des particuliers. Et très important : les Cliniclowns recrutent uniquement de cette façon leurs fonds. Nous savons que certains abusent de notre nom pour vendre des paquets de soutien, par téléphone, en faisant du porte à porte ou dans des places de stationnement. Sachez que ce sont des pratiques trompeuses avec lesquelles les Cliniclowns n'ont rien à voir.
Un grand merci pour cette conversation et bonne continuation !
Clown Dodo
«Nous semons des graines de joie»
Dodo (alias Geert Pardon) travaille déjà depuis dix ans comme Cliniclown : «Grâce à mon intérêt pour le théâtre, j'ai suivi un jour un cours de clownerie. L'intérêt s’est transformé en vraie passion, un microbe irrésistible ! Après le cours d'initiation, les cours de recyclage et pour finir un master class, j'ai rencontré quelqu'un de semi-professionnel et il a vu en moi un Cliniclown. J'ai passé une audition, j’ai accompagné des clowns expérimentés afin de voir sur le terrain ce que cela signifiait et je me suis mis au travail avec un contrat d'essai. Quelles sont les caractéristiques d'un bon Cliniclown ? Il faut trouver un bon équilibre entre l’artistique et le social. Et le plus important est bien sûr le don de savoir improviser. Nous jouons pour tous les âges, de 1 an jusqu'à 18 ans, avec un petit enfant on se comporte autrement qu’avec un adolescent. Mais aussi, à l'extérieur de la chambre nous jouons déjà notre rôle. Nous semons en quelque sorte des graines de joie et nous faisons naître un sourire sur les visages des professionnels à l'hôpital. Cette ambiance a aussi un impact positif sur les enfants qui séjournent à l’hôpital. Au fait, les Cliniclowns représentent une branche spécifique du métier de clown. Une branche qu’on peut apprendre et dans laquelle il faut se recycler. L'organisation nous soutient pour nous aider à perfectionner continuellement nos techniques.»
Propos recueillis par Jan Jacobs, correspondant Hospichild.
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